FLD Dinner in Palm Springs, CA for ATA 60, 2019

FRENCH LANGUAGE DIVISION DINNER AT ATA’S 60TH ANNUAL CONFERENCE

The French Language Division’s dinner at the 2019 Palm Springs conference will be held at Eight4Nine. We hope to see you there!
 
WHEN
Friday, October 25, 2019 at 7:00 p.m.
 
WHERE
Eight4Nine
849 N. Palm Canyon Dr.
Palm Springs, CA 92262
(760) 325-8490
http://eight4nine.com
 
PAYMENT AND RESERVATIONS

Price: $63.00 per person. This includes three-course dinner (see menu below), tax, and gratuity.
 
NOTE: All non-alcoholic and alcoholic beverages will be the diner’s responsibility and are *not* included.

Payment for the dinner must be made in advance by PayPal (https://www.paypal.com/us/home) to andie.n.ho@gmail.com and received, on or before Friday, October 18, or before the event sells out.

Please select the “send money to friends and family” option so that the FLD is not charged additional PayPal fees.

IMPORTANT NOTE: We do not provide refunds. You may sell or give your ticket to another conference attendee to attend in your place. If you do so, please notify us of the update, but the FLD does not provide refunds once a spot for the dinner has been purchased.

TRANSPORTATION
Eight4Nine where the FLD dinner is being held is located 1.2 miles (approximately 25 min walk) from the conference convention center. As this is farther than previous dinners, you may prefer to use Lyft or Uber.

QUESTIONS?
Contact us at divisionfld@atanet.org.
 
THE CONFERENCE
For information about the 60th Annual ATA Conference in Palm Springs, please visit http://www.atanet.org/conf/2019/.

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MENU
(you will choose your dishes the night of the event)
APPETIZER
Simple Green Salad
Hand-selected baby lettuces, fresh herbs, lemon vinaigrette, and rose petals. Gluten-free.
Avocado and Roasted Tomato Tart (vegetarian)
Vine-ripened cherry tomatoes, house-made ricotta, black garlic butter, fresh herbs, cracked pepper, toasted brioche
 
ENTRÉE
Cauliflower Steak and Purée
Walnut-caper salsa with Fresno chili, dried currants, served with lemon wedges. Gluten-free, vegan.
Grilled Scottish Steelhead
Fennel, orange, basil, crispy rice cake and arbequina olive oil. Gluten-free.
Beef Tenderloin
All-natural filet of beef, St. Agur blue cheese and red wine reduction, fingerling potatoes, roasted carrots. Gluten-free.

DESSERT
Peach Cardamom Crème Brûlée
Gelato or Sorbet

Note: Drinks are not included.
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Post-édition de traduction automatique : se méfier des apparences


Photo de Ramón Salinero, Unsplash

Par Guillaume Deneufbourg

Le présent article est directement inspiré d’une présentation orale donnée (en anglais) à l’occasion du Congrès annuel de l’American Translators Association, le 25 octobre 2018, à La Nouvelle-Orléans, Louisiane, USA. Le titre original de cette intervention était : « Don’t Trust the Machine : How Neural Persuasive Power Can Mislead Post-editors ».

L’arrivée de la traduction automatique neuronale (NMT) a provoqué en 2017 une mini-onde de choc dans le monde de la traduction professionnelle. Pratiquement du jour au lendemain, les traducteurs ont pris conscience que la machine pouvait, à tout le moins dans certaines combinaisons linguistiques et certains domaines, produire du contenu « utilisable ». Cette évolution a parallèlement alimenté bon nombre de fantasmes et de craintes dans le chef des « consommateurs » et des prestataires de services de traduction.

Dans le giron des associations professionnelles ou sur les réseaux sociaux, les réactions ont été – et sont encore – aussi nombreuses que passionnées. Entre commentaires alarmistes, jugements infondés et exemples confinant à l’absurde tirés de textes de Shakespeare, on constate que les professionnels de la traduction ne sont pas toujours bien informés des tenants et aboutissants de la traduction automatique et de la post-édition et que les avis émis, guidés par l’émotion, pèchent par manque d’information et de données objectives.

L’objectif de la présentation donnée lors du Congrès annuel de l’ATA en novembre 2018 à La Nouvelle-Orléans était de dépasser les attaques ad machinam que lancent les militants anti-MT sans véritable fondement et de mettre le doigt, à travers des données très concrètes, sur les avantages et les dangers du recours à la (post-édition de) traduction automatique dans un contexte professionnel. Ma présentation s’articulait en trois parties, avec une introduction sur la technologie (histoire, évolution, perception des différents acteurs du marché), la présentation des résultats de deux enquêtes menées à l’échelle européenne sur l’utilisation de la technologie, et l’exposé d’une étude de cas réalisée auprès de professionnels et d’étudiants.

Introduction

L’introduction retraçait brièvement l’histoire de la traduction automatique et présentait mon opinion personnelle sur la perception de la technologie par les différents acteurs du marché. J’ai ainsi expliqué, non sans une petite dose d’ironie et d’autodérision, les quatre « profils » que l’on retrouve sur le marché des traducteurs indépendants : 1. les partisans de la politique de l’autruche, adeptes des exemples shakespeariens évoqués plus haut, 2. les fatalistes, persuadés de la mort imminente de leur profession, 3. les fourbes, qui critiquent ouvertement la traduction automatique en public, mais qui l’utilisent en secret dans la quiétude de leur bureau (soit par facilité, soit par obligation), 4. l’utilisateur réfléchi, qui se pose systématiquement la question de la pertinence, en fonction du contexte d’utilisation (profil recommandé).

Il convient aussi de noter que les opinions sont très divergentes en fonction de la position des acteurs sur le marché. Un grand nombre de pratiques existent, allant des arnaques pures et simples des agences low-cost, qui tentent régulièrement de faire passer des textes traduits automatiquement pour des productions humaines, aux agences plus consciencieuses qui essaient de prendre le train en marche sans effrayer leurs précieuses ressources linguistiques, en passant par les étudiants et les formateurs en traduction, dont les pratiques d’apprentissage et d’enseignement sont bouleversées, doucement, mais sûrement, par l’arrivée de la technologie.

Ces constats indiquent qu’il règne une extrême confusion sur le marché, que ce soit parmi ses acteurs (traducteurs, clients, tiers) qu’au sujet du produit lui-même (confusion entre qualité du contenu brut et qualité du contenu post-édité, etc.). De cette confusion découle un grand besoin d’objectiver le débat et de pédagogie.

Quelques statistiques

La deuxième partie consistait à dispenser quelques données objectives sur l’utilisation réelle de la traduction automatique au sein du secteur. Pour ce faire, j’ai présenté les résultats de deux enquêtes menées en 2017 et 2018.

La première, « European Language Industry Survey », menée en 2017 par un ensemble d’organisations (Commission européenne (via le réseau EMT), Elia, GALA, EUATC et FIT Europe), indiquait entre autres que l’année 2017 avait été la toute première année dans l’histoire de la traduction où la proportion de professionnels (agences et traducteurs individuels) affirmant avoir déjà eu recours à la post-édition de traduction automatique avait dépassé la barre symbolique des 50%.

L’autre enquête présentée, menée par la Chambre Belge des Traducteurs et Interprètes en 2018, indiquait une réticence plus marquée des traducteurs individuels face à la technologie, mais avec un « potentiel d’évolution » non négligeable lié à la réponse « I might use it in the future ». Ces deux enquêtes montrent un recours exponentiel à la post-édition de traduction automatique par tous les acteurs du marché. Une tendance qui devrait se poursuivre à l’avenir.

Étude de cas

Après quelques rappels utiles sur les différents niveaux de post-édition (light/full) et une série d’explications sur les méthodologies employées, j’ai exposé les résultats d’une étude de cas menée auprès de 25 étudiants et de 10 professionnels, à qui j’ai présenté un discours de Barack Obama traduit avec le moteur DeepL. Les objectifs étaient : 1. aller au-delà des arguments présentés habituellement par les activistes anti-NMT, 2. analyser la qualité du contenu traduit automatiquement au moyen d’exemples concrets, 3. analyser les stratégies de post-édition employées par les étudiants et les professionnels, 4. analyser les différences d’approche vis-à-vis des deux niveaux de post-édition (Light post-editing : modification du strict nécessaire en évitant toute intervention stylistique ; Full post-editing : intervention maximale pour atteindre un niveau de qualité comparable à une traduction « humaine »).

L’espace qui m’est réservé ici ne me permettant pas de reprendre en détail les exemples présentés lors de la conférence, je me limiterai à l’exposé de deux cas jugés représentatifs.

1er exemple

Le premier exemple illustre bien la fluidité de la production NMT, avec une phrase « brute » qui semble de prime abord plutôt convaincante.

Néanmoins, on se rend compte en deuxième analyse que le passage « transformer ces réalisations en un cadre durable pour le progrès humain » ne veut pas dire grand-chose.

La logique de l’exercice de post-édition voudrait donc de laisser en l’état la phrase – qui reste compréhensible – au niveau Light post-editing (LPE), mais de la modifier au niveau Full post-editing (FPE).

L’étude de cas démontre deux phénomènes intéressants : 1. 80% des professionnels ont modifié cette phrase dès le niveau LPE, ce qui laisse penser que les professionnels, probablement moins familiarisés avec l’exercice, ne peuvent résister à la tentation de corriger une imperfection, même quand ils ne sont pas invités à le faire. À noter, à titre de comparaison, qu’aucun des étudiants n’a modifié ce segment. 2. Au niveau FPE, seuls 8% des étudiants ont modifié ce segment, alors que les objectifs de la tâche l’imposaient, puisque la phrase brute n’était pas conforme aux normes de qualité que l’on pourrait attendre d’une traduction humaine. Ce constat donne à penser que les étudiants ne sont soit pas conscients de la nécessité de modifier le segment et estiment que la traduction est suffisamment bonne, soit qu’ils en ont conscience, mais ne sont pas capables d’améliorer le texte (ou ne prennent pas la peine de le faire, se contentant du niveau produit par la machine (« we are all lazy humans »).

Ces deux tendances reviennent dans l’ensemble des segments concernés par ce cas de figure, où on constate que les étudiants interviennent beaucoup moins sur le texte, aux deux niveaux de post-édition, une attitude relativement bonne dans le cas du LPE, mais qui l’est beaucoup moins dans le cas du FPE.

2e exemple

Le deuxième exemple porte sur un segment contenant une erreur de sens (contre-sens/faux sens). Comme on peut le voir dans l’illustration qui suit, DeepL a traduit la collocation « to deliver justice to the terrorist network » par « pour rendre justice au réseau terroriste ». L’erreur vient du fait que l’expression « rendre justice » en français signifie le contraire de l’original anglais, à savoir « reconnaître les mérites de », « réparer le mal qui a été fait », etc.

L’exercice de post-édition voudrait donc qu’on modifie ici cette phrase dès le niveau Light post-editing, puisqu’il s’agit d’une erreur de sens relativement grave (même si nous sommes conscients que le contexte d’énonciation ne laisse planer aucun doute sur les intentions de Barack Obama). Nous dégageons à nouveau deux phénomènes : 1. Un seul étudiant sur les 25 a pris la peine de modifier cette phrase au niveau LPE, ce qui semble très peu compte tenu des objectifs précités. 2. 20% des professionnels ont laissé cette erreur au niveau Full post-editing (et 28% d’étudiants), ce qui semble élevé compte tenu de la gravité de l’erreur et du niveau d’expertise des post-éditeurs.

Ces deux données nous amènent à penser que les deux profils de traducteurs (étudiants et professionnels) ont été « trompés » par l’apparente fluidité du texte traduit automatiquement et sont ainsi passés à côté de cette erreur grossière.

À noter également que nous avions demandé à un « groupe contrôle » de 5 traducteurs professionnels de traduire un extrait de ce texte sans recourir à la NMT et qu’aucun n’a commis d’erreur de sens sur ce passage (ni d’ailleurs sur l’ensemble de l’extrait). Il semblerait donc que l’apparente fluidité d’une production automatique induise une sorte d’excès de confiance dans le chef des traducteurs, toutes expériences confondues, et favorise donc la présence résiduelle d’erreurs de sens moins visibles.

Conclusions

L’analyse de l’ensemble du texte nous permet de dégager les tendances et constats suivants. Tout d’abord, une différence très faible entre les deux niveaux de post-édition, ce qui indiquerait que les étudiants sont potentiellement de « meilleurs » candidats pour une tâche de LPE, mais qu’ils peinent en revanche à s’élever au niveau Full post-editing.

À l’inverse, les professionnels semblent potentiellement être de « meilleurs » candidats pour une tâche de FPE, mais interviennent de façon excessive lors de l’étape Light post-editing. De façon plus générale, on note ainsi que tous les traducteurs rencontrent des difficultés à faire la distinction entre les deux niveaux de post-édition, chacun à leur échelle. Ils semblent en outre induits en erreur par le pouvoir persuasif de la NMT et se laissent plus facilement tromper par l’apparente fluidité des traductions, même lorsque la machine commet de lourdes erreurs de sens.

Nous émettons également, dans nos conclusions, l’hypothèse d’un rapport généralement inversement proportionnel entre la gravité des erreurs commises par la machine et l’effort cognitif nécessaire pour les corriger.

Ainsi, pour prendre un exemple volontairement caricatural, un contre-sens (gravité élevée) qui serait lié à l’oubli d’une négation pourra se corriger en quelques secondes en ajoutant les mots « ne… pas » à la phrase (effort faible). En revanche, des phrases bancales sur le plan stylistique (gravité faible) nécessiteront le plus souvent une reformulation de l’ensemble de la phrase (effort élevé). Cette tendance pourrait selon nous encourager les post-éditeurs à laisser les phrases en l’état lorsqu’elles sont borderline. Cette hypothèse pourrait faire l’objet d’une prochaine étude de cas.

Conclusions générales

S’agissant des conclusions générales de la présentation, j’ai souhaité insister sur les éléments suivants, en guise de takeaways. 1. Un recours exponentiel sur l’ensemble du secteur à la (post-édition de) traduction automatique, qui a véritablement le vent en poupe ; une tendance qui ne devrait pas faiblir. D’aucuns prédisent ainsi que d’ici 2030, seuls 20% de tout le volume de traduction généré à l’échelle mondiale ne passeront pas par un moteur de traduction automatique. Une prévision que je ne partage pas personnellement et qui peut sembler excessive. 2. Les post-éditeurs de toutes générations ont parfois tendance à faire aveuglément confiance à la machine, sans doute en raison de la fluidité des traductions produites. 3. Une grande confusion subsiste quant à la technologie et à son adoption par le marché, ce qui devrait inciter les traducteurs à faire preuve d’ouverture et de pédagogie vis-à-vis des utilisateurs et des « consommateurs ». Il s’agit selon moi d’un impératif pour éviter des désillusions et des grincements de dents à l’avenir, surtout chez les clients finaux, qui voient la traduction automatique comme le Saint Graal. Bien que la NMT évolue constamment – à l’heure où j’écris ces lignes, deepL ne commet déjà plus certaines des erreurs détectées lors de l’étude de cas – je reste convaincu qu’il demeurera un simple outil d’aide à la traduction, certes très utile dans certaines circonstances, mais dont l’usage doit être réservé à des utilisateurs expérimentés, formés et avertis de ses dangers.

Guillaume Deneufbourg travaille comme traducteur indépendant EN-NL>FR depuis 2002. Titulaire d’un Master en Traduction de l’Université de Mons (Belgique), il l’est aussi d’un Master spécialisé en linguistique appliquée et traductologie (ULB, Bruxelles). Guillaume enseigne la traduction à l’Université de Mons et à l’Université de Lille depuis 2010. Résident en Belgique, à quelques kilomètres de la frontière française, il est membre de l’ATA, de la SFT et de la CBTI. Plus d’infos ici.

Pleats, Pockets and Problems: the Deceptive Ease of Fashion Translation

by Liza Tripp and Denise Jacobs

After a typical translator’s day working on dense annual reports and ponderous litigation files, fashion translation seems fun enough. What better diversion than immersing yourself in skirts and dresses?

Yet as with all well-executed translation, challenges abound. Sewing terms are technical, precise, and sometimes mysterious. There are endless variations of pleats, pockets, darts, seams, necklines, sleeves, hooks, buttonholes, and lapels. Fabric finishes also vary widely depending on textile manufacturers and whether the items are intended for haute couture or the mass market. Fashion is visual, yet translators are often faced with descriptions of pieces that have no accompanying images.

Haute couture and visionary designers often reference historical clothing styles and techniques in their creations. Max Mara even maintains a private historical fashion archive, which serves as a resource for its designers: “Fashion is a culture. Designers don’t create alone,” noted the brand’s creative designer.[i] Sometimes designs make literal references to historical items, in which case translations are best served doing the same. Indeed “les paniers” on a Junya Watanabe dress with zippered duffels at either hip are a fairly literal interpretation of the historical “panniers.”

Watanabe dress with panniers.
Photo Credit: 1stdibs
Historical dress with panniers. Photo credit: Wikimedia Commons

In other cases, historical fashions serve to spur the designer’s creativity in developing entirely new and avant-garde concepts. Consider Margiela’s use of “blouse blanche,” not a blouse at all, but a white lab coat, pointing to the highly skilled French “petites mains” who worked in haute couture ateliers.

White lab coats at Margiela.
Photo credit: Instagram

The fashion house uses the historical term and the piece itself as a jumping off point for a multitude of items in its collections. These designs have included everything from all white clothing (some of them blouses!) to head-to-toe white down comforters worn as coats, right down to the plain white labels inserted in all of its pieces. Indeed, in Margiela’s case, the historical “blouse blanche” has become a way of branding the house itself—simple, exceedingly modern, but deeply connected to the past.

White “duvet” coat at Margiela.
Photo credit: Instagram

To complicate matters further, some terms are “one-offs,” where sometimes a more literal translation is warranted. Pierre Cardin once devised a pair of pantalons à roulettes, or roller pants, with a leg finishing in a roller-skate wheel shape. Recently, there was a description for an “inside-out poodle jacquard” in a review of John Galliano’s latest collection for Maison Margiela, which turned out to be exactly as described.

Pierre Cardin’s “roller pants”
© 1971. Image used with the permission of Jean-Pascal Hesse.
The very literal “inside-out poodle jacquard.”
Photo credit: Instagram

While having a photograph of the garment or accessory is, of course, the ultimate resource, translators are often left in the dark. Technical and fashion dictionaries can be helpful starting points. From there, we have turned to designers’ websites, online videos of fashion shows (time consuming, but elucidating), reliable fashion reviews (Vogue, WWD, New York Times, BoF), blogs and sewing websites found online, as well as museum and auction house catalogues. Reaching out to fashion houses or museums is also an option, time permitting. We were delighted when a museum in Paris even sent us photographs of the back of a garment we simply could not envision for a book translation.

As always, it is essential to conduct online research meticulously, with context, linguistic register, and final audience in mind. When in doubt, we recommend relying heavily on description, so your reader can see the item in question in their mind’s eye. Sometimes leaving a term in French can be an option, a way of naming the object where you otherwise could not. Obviously, this technique should be used judiciously and thoughtfully.

Yet, perhaps due to French’s longstanding role as the lingua franca of fashion, use of French in English is sometimes de rigueur. Indeed, when translating historical books on classic couture or biographies of legendary houses or couturiers, publishers and editors even mandate that certain words should be kept in French. haute couture, atelier, petites mains, flou and tailleur are a few examples.

Nevertheless, as can be expected in fashion, change is always in the air. English suddenly abounds in French, and very much so in fashion reporting. Sometimes the terms are simply borrowed (la fashion week, les shows, le vintage, le it bag) but words cannot always be handily back-translated into English. The word “oversize” in French, for example, often equates not to our English-language conception of oversize, but to descriptions like “roomy,” “relaxed,” or “slouchy.” Perhaps translating fashion texts is so tricky because fashion itself is a language. Miuccia Prada herself has said, “What you wear is how you present yourself to the world, especially today, when human contacts are so quick. Fashion is instant language.”[ii] As translators, we present texts that can be read and absorbed in a moment. Yet how we present that language should be a detailed process using mixed research sources and a bevy of translation techniques and styles.


[i] Olsen, Kerry. “In Max Mara’s Archive, Decades of Italian History.” New York Times, September 19, 2018, link.

[ii] Galloni, Alessandra. “Interview: Fashion is how you Present Yourself to the World.” Wall Street Journal. Updated January 18, 2007, link.


Liza Tripp has been a translator of French, Italian, Spanish, and Portuguese into English for over 15 years. Much of her French and Italian work is in the luxury fashion sector. She most recently translated Martin Margiela: 1989–2009 with Denise Jacobs, which was published by Rizzoli in conjunction with a show at the Palais Galliera in Paris. She holds a BA in French translation from Barnard College, an M.Phil. from the Graduate School and University Center of the City of New York, and a French to English Certificate in Translation from NYU SCPS.
Website: www.lizatripp.com

Denise Jacobs is a French to English translator focusing on illustrated books about fashion, jewelry, art, travel, and the French lifestyle. She has an MA and M.Phil. in French literature from Columbia University. In addition to publishing more than 40 books, she has also translated several biographies, documentaries, and television news program segments. Website: www.deniserjacobs.com

L’Argot et le traducteur/interprète judiciaire

par Hélène Viglieno Conte

Introduction

Les traducteurs et interprètes judiciaires sont confrontés à de multiples niveaux de langue dans le cadre de leur profession : du registre populaire au registre soutenu, en passant par le style familier ou courant. Dans le langage populaire, nous trouvons, entre autres, l’argot. Le présent article concerne l’argot de France, mais il est bon de rappeler qu’il existe autant de langages familiers dans la langue française que de groupes sociaux et régionaux francophones.

L’argot est un thème vaste au lexique plus vaste encore. Cet article aborde les origines et les fonctions de l’argot, les types d’argot contemporains et leur provenance, les principales situations judiciaires dans lesquelles le traducteur/interprète peut être confronté à l’argot et la nécessité et la difficulté de le traduire/interpréter fidèlement. La conclusion de cet article est suivie d’une petite histoire remplie de termes argotiques liés au judiciaire.

Avant de commencer, rappelons la définition du terme « argot » selon le Larousse :

L’argot est l’ensemble des mots particuliers qu’adopte un groupe social qui veut se distinguer et/ou se protéger du reste de la société.

Origine

Le terme argot date des années 1630, le concept lui-même faisant son apparition dès le 13siècle. Les experts nous apprennent que ce langage a été créé par les malfaiteurs, c’est donc le jargon des bandits. Au 19e siècle, dans ses mémoires, l’inspecteur Rossignol écrivait :

« M. Jacob, lorsqu’il me reçut, me demanda si je parlais l’allemand. À sa place, j’aurais demandé : « Parlez-vous l’argot ? ». La langue verte est en effet la langue que doivent parler tous les inspecteurs de police. Pensez donc ! Tous les jours nous sommes en contact avec des gredins de la pire espèce qui ne disent jamais un mot de vrai français et qui, devant le comptoir des marchands de vin de la dernière catégorie, ne s’abandonnent qu’à ceux qui, familiers avec eux, ont l’air dessalé (malin), et qui s’expriment en leur langage. »

Mémoire de Rossignol

Fonction

Victor Hugo

L’argot a pour fonction première de crypter le discours de celui qui l’emploie. Les locuteurs codent leur message pour ne pas être compris des non-initiés. On retrouve donc la volonté de masquer la langue pour se protéger, comme l’affirme la définition du Larousse.
Victor Hugo — écrivain, poète, historien et philosophe français du 19e siècle — a minutieusement étudié l’argot de son époque en tant que lexique, mais également en tant que phénomène sociolinguistique. Il fut le premier écrivain à avoir la témérité de faire parler l’argot par ses personnages, ce langage étant exécré par la bonne société de son temps. Dans son formidable roman Les misérables paru en 1862, il consacre un long paragraphe au sujet et l’on ne peut que constater le lien étroit qu’il fait entre l’argot et le crime :

« Qu’est-ce que l’argot à proprement dit ? L’argot est la langue de la misère. Il y a, à l’extrémité de tous les abaissements et de toutes les infortunes, une dernière misère qui se révolte et qui se décide à entrer en lutte […] ; lutte affreuse où […] elle attaque l’ordre social à coups d’épingle par le vice et à coup de massue par le crime. Pour les besoins de cette lutte, la misère a inventé une langue de combat qui est l’argot. L’argot n’est autre chose qu’un vestiaire où la langue, ayant quelque mauvaise action à faire, se déguise. […] La voilà prête à entrer en scène et à donner au crime la réplique […]. Elle ne marche plus, elle clopine ; elle boite sur la béquille de la Cour des miracles, béquille métamorphosable en massue ; elle se nomme truanderie. […] Elle est apte à tous les rôles désormais, faite louche par le faussaire, vert-de-grisée par l’empoisonneur, charbonnée de la suie de l’incendiaire ; et le meurtrier lui met son rouge. »

Voici un exemple de la manière dont la langue se déguisait au 19e siècle : « Le grinche a r’piqué au truc en filant une pelure, mais les marchands d’lacets l’ont fabriqué. Il a été gerbé aux durs. » Pour déchiffrer cet obscur message, il faut le décortiquer terme par terme : grinche (voleur), repiquer au truc (récidiver), filer une pelure (dérober un manteau), les marchands de lacets (les gendarmes), fabriquer (piéger), gerber (condamner), les durs (les travaux forcés). Ainsi, sa traduction en français courant serait « Le voleur a récidivé en dérobant un manteau, mais les gendarmes l’ont piégé. Il a été condamné aux travaux forcés. »

L’argot d’aujourd’hui

À notre époque, on pourrait dire qu’il existe deux types d’argot. Il y a tout d’abord l’argot qui a conservé sa fonction cryptique, celui utilisé par les malfaiteurs et autres personnages de la pègre pour ne pas être compris des forces de l’ordre. D’ailleurs, dès qu’un terme argotique à fonction cryptique est déchiffré par la police, il devient obsolète ; c’est pour cela qu’il se renouvelle très vite. De nos jours, l’argot a également une fonction identitaire très prononcée. Il est façonné par des groupes sociaux qui cherchent à se différencier des autres locuteurs. La langue étant un aspect intimement lié à l’identité d’un peuple, l’argot en tant que lexique revêt une fonction identitaire particulière pour ceux qui l’emploient. Il s’agit du langage des jeunes des banlieues et des milieux défavorisés (on fait le parallèle avec Victor Hugo qui qualifiait l’argot de langue de la misère.) L’argot d’aujourd’hui est inspiré du sentiment d’exclusion ressenti par ces jeunes qui, en créant leur propre langage hermétique, peuvent à leur tour exclure ceux qui appartiennent à la société des inclus. L’argot dont la fonction est identitaire se renouvelle moins vite que celui dont la fonction est cryptique, mais il se renouvelle néanmoins, surtout lorsque l’un de ses termes se retrouve assimilé au français courant et perd donc sa nature hermétique.

Provenance

Les termes argotiques que l’on entend ou que l’on emploie aujourd’hui ont diverses provenances. Certains sont tirés du vieil argot, comme le terme feignasse déjà utilisé au 19e siècle. D’autres encore proviennent de l’immigration ; l’histoire de la France étant telle que son argot est fortement influencé par les peuples qui y ont immigré ou qu’elle a colonisés. Par exemple, le terme caïd veut dire chef en arabe, tandis que chouraver signifie voler en tzigane. Il y a également un argot propre aux régions ; un terme argotique utilisé dans un lieu géographique ne le sera pas nécessairement dans un autre. On dira barouf dans la région de Marseille alors qu’ailleurs on se contentera peut-être de dire raffut, c’est à dire tapage (bruit). Il est intéressant de noter également qu’un même terme peut avoir un sens différent selon la région dans laquelle il est employé. Quand une personne du nord-est de la France dit « J’ai les boules », elle exprime qu’elle a les chocottes (c.-à-d. peur). Alors que lorsqu’un Provençal l’utilise, il veut dire qu’il est dèg (dégoûté) ou vénère (énervé)… pas content, quoi !

De nombreux termes argotiques sont issus du verlan, un procédé qui consiste à inverser les syllabes ou encore les lettres d’un mot. On peut verlaniser des termes de français courants comme louche (chelou), fou (ouf), femme (meuf), lourd (relou), fête (teuf), pourri (ripou), etc. On peut également verlaniser des termes argotiques comme mec (kum), tronche (chetron) ou choper (pécho). Et pour bien compliquer les choses, il existe aussi des cas de double verlan : Beur (Arabe) qui a fini par donner Rebeu et meuf (femme) qui s’est transformé en feumeu. Comme nous l’avons lu dans l’introduction, le lexique de l’argot est non seulement extrêmement vaste, mais aussi en constante évolution. Il existe notamment 3 termes qui possèdent plus de 1 000 équivalents argotiques, à savoir, le mot femme (belette, caille, chnek, fatma, fatou, feum, gonzesse, greluche, grosse, loute, meuf, nana, poule, etc.), le mot argent (artiche, biff, bifton, caillasse, flouze, fraîche, fric, galette, gengen, genhar, keusse, khalis, lové, maille, naimo, neutu, oseille, patate, pépette, pèze, etc.) et enfin, l’expression faire l’amour (pour la plupart d’ailleurs vulgaires : baiser, prendre à la hussarde, chevaucher sans selle, farcir, tirer un coup, limer, ramoner, tirer sa crampe, bouillaver, etc.). On pourrait presque dire que ces trois termes rassemblent les principales préoccupations de l’humanité. 😉

Situations judiciaires

Les situations judiciaires dans lesquelles l’interprète ou le traducteur sera confronté à l’argot sont nombreuses. En fait, dès qu’un témoin « lambda » (c’est à dire une personne qui ne témoigne pas en qualité d’expert) est impliqué, nous risquons de rencontrer ce lexique. Voici les principales situations qui concernent l’interprète et le traducteur judiciaires :

  1. Les interrogatoires de police. Par exemple, un suspect qui dira : “J’veux pas aller au chtar ; j’vais balancer.” (Je ne veux pas aller en prison. Je vais parler/dénoncer.”)
  2. Les dépositions. Aux États-Unis, on enregistre les déclarations d’un témoin faites sous serment, lesquelles serviront d’éléments de preuve avant et pendant le procès. C’est bien sûr un cadre plus formel que l’interrogatoire de police, mais encore une fois, selon le témoin qui dépose, des termes argotiques sont parfois employés.
  3. Les entretiens entre un avocat et son client.
  4. Les mises sur écoute sont certainement les situations où les locuteurs seront le plus susceptibles d’utiliser de l’argot s’ils redoutent d’être espionnés. C’est l’exemple par excellence de l’argot à fonction cryptique. Ces situations concernent évidemment le traducteur qui après en avoir fait la transcription devra les traduire.
  5. Enfin, les témoignages au cours d’un procès sont également l’une des situations judiciaires où l’argot peut survenir. C’est d’ailleurs la situation la plus cruciale et la plus difficile — même si elles le sont toutes — dans laquelle l’interprète est tenu de comprendre et d’interpréter fidèlement l’argot. Nous y reviendrons.

Nécessité de traduire/interpréter fidèlement

Le traducteur/interprète judiciaire est un intermédiaire neutre entre plusieurs intervenants. Lorsqu’il transfère un message d’une langue à l’autre, il est tenu de préserver fidèlement le registre utilisé par le locuteur, aussi familier ou même vulgaire qu’il puisse être. À titre de référence, citons les codes de déontologie de l’ATA et de NAJIT :

  • It would be inappropriate to clean up objectionable language in the target language. (American Translators Association)

  • The register, style and tone of the source language should be conserved.
    (National Association of Judiciary Interpreters and Translators)

Pourquoi est-il nécessaire — et même essentiel — de préserver le registre de langue employé par un locuteur, tout particulièrement pendant que l’on interprète un témoignage au cours d’un procès ? Réponse : les jurés. Les jurés sont chargés de prononcer un verdict au terme du procès et, pour ce faire, ils s’appuient sur les différents éléments — et donc les témoignages — qui leur sont présentés pendant les audiences. Aux États-Unis, lorsqu’un interprète est présent, le juge ordonne aux jurés de ne pas prendre en compte le message source (même s’ils le comprennent), mais uniquement l’interprétation qui leur est fournie.

The Bilingual Courtroom

Dans le livre The Bilingual Courtroom : Court Interpreters in the Judicial Process (Susan Berk-Seligson) on apprend que, d’après les études expérimentales menées, un témoin qui s’exprime poliment et correctement est davantage crédible aux yeux d’un jury qu’un témoin qui utilise un registre de langue très familier (dont l’argot). Effectivement, les jurés sont des personnes comme tout un chacun, avec des systèmes de croyances et des préjugés. C’est pourquoi, un témoin qui dit : « Ché pas…. Il m’a dit d’aller chercher les valoches. Fallait qu’on s’casse vite. » aura un autre impact en termes de crédibilité que celui qui dit : « Je ne sais pas, madame. Il m’a dit d’aller chercher les valises. Il fallait qu’on parte vite. »

L’interprète judiciaire est un puissant filtre par lequel passent les paroles du témoin. Il a donc une grande influence sur la manière dont le témoignage en question sera perçu. Si l’interprète judiciaire a la tâche d’assurer une présence linguistique à l’accusé et à certains témoins, rappelons que son rôle premier est de participer à une administration équitable de la Justice. Il n’est là ni pour avantager ni pour désavantager le locuteur et doit veiller à être aussi transparent et fidèle au message source que possible. Il est essentiel qu’un témoin ou qu’un accusé dont le message passe par un interprète soit sur le même pied d’égalité que celui qui s’exprime dans la langue natale des jurés ; ce « pied d’égalité » étant un concept clé. Un interprète qui élève ou abaisse le niveau de langue d’un témoin altère la perception qui se serait formée dans l’esprit des jurés sans la présence d’un interprète, avantageant ou désavantageant ainsi le témoin et influençant l’issue du procès.

Difficulté de traduire/interpréter fidèlement

Cette mission peut parfois sembler impossible, car le lexique de l’argot est vaste, méconnu et en constante évolution. De plus, il ne possède pas nécessairement d’équivalents d’une langue à l’autre (ex. : valoche) et il est parfois issu d’une culture propre (ex. : la veuve = la guillotine, the hot seat = the electric chair). Et lorsqu’un équivalent existe, on constate parfois que son registre n’est pas assez familier ou l’est trop.

Pour contourner ces obstacles, le traducteur a l’avantage de pouvoir faire des recherches, mais dans de nombreux cas (ex. mises sur écoute), il ne peut pas demander des éclaircissements au locuteur. Tandis que l’interprète peut poser des questions directement au locuteur, mais n’a pas le luxe de faire des recherches. C’est pourquoi les interprètes et les traducteurs judiciaires doivent constamment se familiariser avec le lexique argotique (en regardant des séries/films policiers ou documentaires judiciaires, en lisant des polards, en écoutant des émissions de radio, etc.). Pour rester avertis, ils doivent en faire un exercice régulier.

Pour surmonter l’absence d’un équivalent, une petite acrobatie mentale peut se révéler utile. En effet, il faut parfois transférer la familiarité d’un terme dans la langue source sur un autre terme dans la langue cible : « Il m’a dit d’aller chercher les valoches » devient « He told me to go grab the bags ». L’interprète, qui n’a pas le luxe du temps comme le traducteur, doit parfois recourir à un procédé plus simple pour abaisser le registre lorsqu’il ne connaît pas l’équivalent (ou que ce dernier ne lui vient pas à l’esprit). Ainsi, il pourra utiliser certaines expressions anglaise telles que darn, goddamn, freaking ou fucking et, inversement, des expressions françaises comme foutue ou putain de… Attention ! Ce procédé est à utiliser avec grande prudence pour ne pas faire tort au message source.

Conclusion

Pendant notre excursion dans le monde de l’argot, nous avons constaté que ses origines sont directement reliées au monde du crime et que — l’un n’allant pas sans l’autre — ce langage participe donc du domaine judiciaire. En raison de son lexique extrêmement vaste, parfois méconnu et en constante évolution, l’argot présente un défi conséquent au traducteur ou interprète judiciaire qui, d’un point de vue déontologique, est tenu de le reproduire aussi fidèlement que possible dans la langue cible, tout particulièrement en situation de procès afin de ne pas influencer l’issue des audiences. Pour ce faire, le traducteur/interprète judiciaire fera appel à divers procédés pour garantir l’exactitude de sa traduction ou de son interprétation. Une bonne dose de curiosité, l’envie d’apprendre et le respect de la déontologie sont tout autant de qualités professionnelles dont le traducteur ou l’interprète judiciaire peut difficilement se passer lorsqu’il est confronté au défi de l’argot.

Bonus

Petit conte moderne à déchiffrer :

« L’était une fois un proxo qui f’sait tapiner les greluches de son tiécar. Y s’prenait pour un caïd avec son brelic ; zarma il avait même dézingué une tepu qui avait essayé de l’carotter. Mais y s’est fait lanceba aux schmitts par un poukav, alors y s’est carapaté. Y s’est planqué pour pas s’faire gauler. L’a quand même plongé : les condés l’ont filoché et y s’est fait coffrer. On lui a mis les gourmettes et y sont partis à KFC. Z’ont trouvé d’la beuh et du keukra sur lui. Y zavaient assez d’biscuit pour l’envoyer aux assiettes et l’foutre au gnouf. »

[Traduction en français courant : Il était une fois un proxénète qui prostituait les filles de son quartier. Il se prenait pour un chef avec son pistolet ; soi-disant il avait même tué une prostituée/pute qui avait essayé de l’arnaquer. Mais il s’est fait dénoncer à la police par un indicateur, alors il a fui. Il s’est caché pour ne pas se faire prendre. Il est quand même allé en prison : les policiers l’ont pris en filature et il s’est fait arrêter. On lui a mis les menottes et ils sont partis au commissariat. Ils ont trouvé de l’herbe et du crack sur lui. Ils avaient assez de preuves pour l’envoyer en cour d’assises et l’incarcérer.]

Hélène Viglieno Conte est une traductrice certifiée par l’American Translators Association (ATA) dans la combinaison de langues anglais>français. Elle intègre la profession en 2006 et se spécialise dans les domaines judiciaires, médicaux et techniques. Elle est également interprète judiciaire certifiée par les Cours suprêmes de l’Ohio, du Kentucky et de l’Indiana. Hélène fait actuellement partie de la petite équipe de traducteurs AN>FR minutieusement sélectionnés qui collaborent avec le Département d’État des États-Unis. Active dans la profession au niveau local, elle occupe le poste de présidente de la Northeast Ohio Translators Association, un chapitre de l’ATA. Originaire du Sud de la France, Hélène vit aux États-Unis depuis plus de 20 ans et réside actuellement dans le nord-est de l’Ohio.

www.translation-interpreting.com

Traduction rédactionnelle : repenser les partis-pris, oser le naturel

« Challenging Assumptions: Avoid a Stilted Style »

Invité à endosser un rôle de rédacteur, le traducteur ne saurait se cantonner dans la littéralité. C’est l’appel à l’action qu’a lancé Marc Lambert, traducteur-réviseur à CPA Canada (Montréal) aux congressistes de l’ATA, réunis à La Nouvelle-Orléans en octobre 2018. 

Par Marc Lambert

Rester traducteur, prudemment, ou devenir rédacteur ? Voilà la question que j’ai posée au dernier rendez-vous de l’ATA à La Nouvelle-Orléans, en octobre 2018. J’y proposais de jeter aux orties la méthode classique, qui veut qu’on se plie aux contraintes d’un suivi attentif – voire maniaque – de la syntaxe de départ, de l’ordre des idées, des moindres détails de l’original. Je nous invitais tous à plutôt prendre du recul afin d’aborder le travail sous l’angle de l’adaptation notionnelle, conceptuelle, en situation de communication.

Bref, là où le contexte l’autorise, repensons la démarche et osons l’optique rédactionnelle. Un geste qui passe par une prise de risque. Il faut s’approprier le texte, se dire : si j’avais moi-même eu à formuler ce message, dans ma propre langue, dans ce contexte, qu’aurais-je écrit? Quels éléments aurais-je ajoutés, retranchés? Comment m’y serais-je pris pour exprimer l’essentiel, sans tourner autour du mot, pour convaincre, renseigner, mobiliser?

Je vous propose ici de passer en revue trois exemples. Je vous soumets un fragment anglais, suivi d’une traduction correcte et fidèle. C’est déjà quelque chose, direz-vous. Quoique. Et le rythme, la fluidité, la vigueur? J’ai donc remanié la version d’origine pour viser la concision, l’allégement, la fonctionnalité.

Voyons le premier cas problème. Pour « New Study Shows Entrepreneurs Are at Risk of Fraud », on lisait : « Une nouvelle étude montre que les entrepreneurs risquent d’être victimes de fraude ». Traduction impeccable, qui saura réjouir les insomniaques, charmés par sa verbosité soporifique. C’est un titre d’article ! Tout de même. Alors, plongeons : « Fraude : l’entrepreneur, proie facile ». Et de un.

Aventurons-nous dans un autre registre : « During your stay in Boston, we will be here to help you with any needs, concerns or questions you might have. » Vite, sortons nos dictionnaires. Appliquons-nous, crispés sur notre clavier : « Pendant votre séjour à Boston, nous serons là pour vous aider en cas de besoin ou pour répondre à vos préoccupations ou questions. » Soupir. Entre superflu et superfétatoire, mon cœur balance. Faut-il vraiment en dire autant? Proposons : « Pendant votre séjour, nous serons à votre entière disposition. » C’est largement suffisant. Et de deux.

Pour conclure : « Out of a job? Job seekers need to learn how to be innovative and creative, and think outside the box. » Derechef, pusillanimes, on colle, on courbe l’échine, on s’asservit : « Vous êtes à la recherche d’un travail? Les demandeurs d’emploi doivent apprendre à faire preuve d’innovation et de créativité, et savoir sortir des sentiers battus. » Il faut de l’inspiration, du talent, que dis-je, du génie pour réussir à délayer autant. Biffons, raturons sans merci : « En recherche d’emploi? Innovez, sortez des sentiers battus. » Et de trois.

En conclusion, je suis convaincu que vous aurez trouvé l’exercice salutaire, pour redécouvrir la rédactrice – le rédacteur – qui sommeille en vous, histoire de mieux vous outiller. Arrêtez, je sais, nous n’aurons pas toujours la latitude voulue pour prendre un libre envol, bridés sous le carcan de mille et une nécessités. Mais je nous invite quand même à oser. Et à repartir, la plume légère, pour éviter lourdeurs et maladresses.

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Marc Lambert est traducteur-réviseur à CPA Canada (Comptables professionnels agréés du Canada) à Montréal (Québec). Il enseigne à l’école Magistrad et a participé aux congrès « On traduit à… » (Canada, France, Royaume-Uni).

Sessions by FLD Members at ATA59

The FLD will be well represented when it comes to speakers at this year’s ATA conference in New Orleans. Here are the FLD members that will be speaking:

Congratulations all!

FLD “Meet Up” at the ATA Conference in New Orleans 2018

The FLD will have an informal “meet up” at the 55 Fahrenheit bar in the conference hotel, the New Orleans Marriott, at 8:30 pm on Thursday night, October 25. This is a chance to have a drink or snack and relax with other FLD members. No need to RSVP, just show up and order what you wish. We hope to see you there!

When: Thursday, October 25, 2018, at 8:30 pm

Where: 55 Fahrenheit, the bar at the conference hotel: New Orleans Marriott, 555 Canal Street, New Orleans, LA 70130

FLD Dinner in New Orleans for ATA’s 59th Annual Conference – Sign Up Now!

FRENCH LANGUAGE DIVISION DINNER AT ATA’S 59TH ANNUAL CONFERENCE 

The French Language Division’s dinner at the 2018 New Orleans conference will be held at the Creole House Restaurant and Oyster Bar. We hope to see you there!

WHEN
Friday, October 26, 2018 at 7:00 p.m.

WHERE
Creole House Restaurant and Oyster Bar
509 Canal St.
New Orleans, LA 70130
504-323-2109
www.creolehouserestaurant.com

MENU

~ MIXED SALAD

~ ENTRÉEyou will choose one of the following when you make your reservation with the FLD:

  • Shrimp & Grits
  • Blackened Redfish
  • Crabcake And Shrimp Alfredo
  • Jambalaya Pasta (not vegetarian)
  • Fried Fish & Shrimp Platter
  • Combination: Gumbo, Crawfish Etouffée, Red Beans & Rice, and Cajun Jambalaya.
  • Vegetarian or vegan dinner – please tell us this when you register for the dinner.

~ DESSERT – New Orleans Style Bread Pudding

Note: Soft drinks are included. All alcoholic beverages will be the diner’s responsibility and are *not* included. Any other drinks not included in the price are also the diner’s responsibility.

PAYMENT AND RESERVATIONS

Price: $55.00 per person and this includes three-course dinner, tax, and gratuity.

Payment for the dinner must be made in advance by PayPal (https://www.paypal.com/us/home) to andie.n.ho@gmail.com and received, on or before Friday, October 12, or before the event sells out.

WHEN PAYING: 1) In the notes field on PayPal, please include which entrée (see bulleted list above) you wish for your dinner. 2) Please select the “send money to friends and family” option on PayPal so that the FLD is not charged additional PayPal fees.

IMPORTANT NOTE: We do not provide refunds. You may sell or give your ticket to another conference attendee to attend in your place. If you do so, please notify us of the update, but the FLD does not provide refunds once a spot for the dinner has been purchased.

TRANSPORTATION

The Creole House Restaurant and Oyster Bar is is across the street from the conference hotel (the New Orleans Marriott). The distance is walkable.

QUESTIONS?

Contact us at divisionfld@atanet.org.

THE CONFERENCE

For information about the 59th Annual ATA Conference in New Orleans, please visit http://www.atanet.org/conf/2018/.

FLD Continuing Education Series – Episode 10: State of the FLD Fall 2017

Eve, Jenn, Angela - L to R
Eve, Jenn, Angela – L to R

Welcome to the tenth episode of the French Language Division’s Continuing Education Series podcast.

The main focus of this podcast is the craft of translation (English > French and French > English). It also provides a forum for the Division Administrator and Assistant Administrator to give a State of the FLD address. The purpose of this episode is to let members know what is happening with the FLD.

In today’s episode, FLD Administrator Eve Bodeux and FLD Assistant Administrator Jenn Mercer join Angela Benoit for the third State of the Division episode (episode 10 of the entire series). Get the latest on all things FLD, including a sneak preview of what your Division is planning for the upcoming the 58th American Translators Association Conference to be held in Washington, DC in October 2017.

List of links mentioned in this episode:

SOUNDCLOUD: You may access Episode 10 and other podcast episodes on SoundCloud here. On SoundCloud, you can listen to the episode in your browser or download a copy of this episode directly to your computer.

ITUNES: This episode and the entire podcast series are also available on iTunes here. On iTunes, you can subscribe or listen online.

 

FLD Meet-Up at the 58th ATA Conference Being Held in Washington, DC in October 2017

French Language Division Mixer/Meet-Up

When: Thursday, October 26, 2017 – from 6 to 7 pm

Washington, DC – The Sidecar Bar (at the conference hotel, the Washington Hilton)

In addition to the official FLD dinner, the French Language Division will also be holding an informal mixer/meet-up at the Sidecar bar at the conference hotel, on the Thursday evening of the conference. This informal event does not require reservations and the only cost is what you order at the bar.

Take advantage of this opportunity to meet your fellow FLD members in a relaxed environment, check in with old friends and make new connections. Feel free to drop in to this casual event for a few minutes or stay for the entire hour. This will also be a great place to organize your own dinner with FLD colleagues if you are unable to attend the official dinner.*

*This year’s official FLD dinner will be on Friday, October 27, 2017, at 7 pm and must be reserved and paid for in advance. See the FLD website for more details: http://www.ata-divisions.org/FLD/index.php/2017/08/15/fld-dinner-ata58/. Please be aware that we do expect the official dinner to sell out.