À Propos: Book Review – Le Livre des Baltimore

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Je regarde regulièrement « La grande librairie », l’émission de François Busnel sur TV5 Monde. Ce journaliste invite des écrivains qui viennent de sortir un livre, de gagner le Prix Goncourt, etc. J’avais donc déjà vu Joël Dicker parler de son dernier roman, qui m’avait semblé intéressant.

Apparemment, Dicker est devenu une célébrité après avoir publié son premier roman (« La vérité sur l’affaire Harry Quebert »), paru en 2012. Ce grand succès en librairie, alors que son auteur n’avait que 27 ans, avait fait l’admiration de tout le monde. Peut-être pas tout le monde cependant, car dans Le Monde des livres, Eric Chevillard donne un avis non edulcoré à propos de Joël Dicker :
« L’ombre de Philip Roth plane au-dessus de cette laborieuse entreprise romanesque. Joël Dicker croit réécrire Pastorale américaine (Gallimard, 1999), mais il nous donne plutôt un nouvel épisode du Club des cinq honorablement troussé. »

J’ai la chance d’avoir une très bonne amie française qui me prête toutes sortes de livres. On échange des bouquins tout le temps. Nous sommes toutes les deux des lectrices toujours avides de bonnes lectures et constamment en quête de nouveautés dont nous espèrons nous régaler. Elle m´a donné cette fois, non pas le premier roman de Joël Dicker, mais Le Livre des Baltimore, paru l’année dernière. Je n’en attendais pas trop car je prefère les livres français qui me parlent de la France et de ce qui se pase en France, plutôt que la lecture d’un écrivain suisse francophone écrivant sur la Nouvelle Angleterre et l’Amérique. Pour cela, je prefère des Américains comme Jonathan Franzen ou Jeffrey Eugenides, ou même John Fante, qui est un grand écrivain.

Mais Joël Dicker a vécu et étudié aux États-Unis et connaît bien les endroits dont il parle dans son roman. Il est capable de créer un roman crédible qui est une espèce de polar. Ce n’est pas un « roman de plage », comme les trilogies de Katherine Pancol. Joël Dicker, lui, cultive le « Thriller ».

Grande a été ma surprise parce que l’histoire est vraiment intéressante et que Dicker sait très bien maintenir le suspense jusqu’à la fin. J’adore les livres qu´on a du mal à laisser de côté avant de s’endormir le soir. Celui-là en fait partie. J´ai donc décidé de chercher son premier bouquin et de le lire aussi.

J’ai toujours une longue liste de livres à lire, cela me permet notamment de maintenir mon niveau dans les langues que je connais. Je trouve que la lecture aide beaucoup à ne jamais perdre de vue la beauté et la saveur des mots. Le travail quotidien de la traduction de textes techniques arides et sans âme tétanise un peu nos sens. Parfois, j’ai même besoin d’un peu de poésie, mais pour cela, je lis en espagnol. D’autres fois, je copie et je collectionne des lignes particulièrement belles qui m’ont fait chaud au cœur et que je ne veux jamais oublier. La bonne lecture est très enrichissante, on traduit mieux, on découvre de nouveaux mondes, des modes de vie, des moeurs différents, etc. Le livre est une fenêtre ouverte sur les complexités intérieures et extérieures de la vie des gens. Mais je digresse.

Joël Dicker raconte une histoire de famille, en particulier le lien entre les cousins avec lesquels le protagoniste a fondé le « Gang des Goldman ». Au fil des flashbacks, le roman se construit autour d’un mystérieux « drame », qui forme le cœur de l’histoire. Des « twists and turns », il y en a beaucoup.

Il y a eu un bref échange sur la page Facebook de l’ATA French Division en ce qui concerne le style d’écriture de Dicker. J’ai vu des commentaires sur son « American feel ». Quelques-uns pensent que son français semble avoir été traduit de l’anglais. Je crois que Dicker est un auteur multilingue, comme beaucoup de Suisses, d’ailleurs. Peut-être que cela exerce une certaine influence linguistique sur son écriture, c’est possible. Ce n’est peut-être pas de la grande litérature, mais c’est incontestablement une lecture agréable et vivante, je dirais même dynamique.

Anamaria Argandona

Anamaria Argandona is an English & French into Spanish translator. She can be found on Twitter at @translates or www.spanishtrans.com.

À Propos: Du bon usage de la gymnastique en traduction

ata-fld-newsletter-logoIl est des événements qui tombent à pic. À l’été 2015, l’atelier d’écriture et de rédaction « On  Traduit à Chantilly », #OTRAC , fut l’un d’eux.
La promesse était alléchante, le résultat, remarquable.

« On Traduit à Chantilly », c’est révéler un tout nouvel univers, garni de voltiges syntaxiques. Mais c’est aussi évoquer ces choses que l’on connaît, sans savoir qu’on les connaît. Ces habitudes inconscientes, ces pirouettes instinctives, ces intuitions de traducteur.

« On Traduit à Chantilly », c’était aussi un vrai bol d’air pur. Une idylle de trois jours avec des traductions élégantes et percutantes, où l’on manie les mots avec adresse et gourmandise.

« On Traduit à Chantilly », c’est surtout, désormais, une furieuse envie d’exercer ma plume, ou plutôt mon clavier, sur des textes de haute volée.

Si vous me demandiez d’évoquer une seule astuce, parmi les innombrables enseignements de ce séminaire, voici ce que je vous répondrais :

Soyons créatifs et intrépides, souples et agiles.
Revêtons nos tenues d’équilibristes de la traduction.

Marc Lambert m’a ouvert les yeux sur un exercice qui ne nécessite ni barres parallèles ni cheval d’arçons, mais qui fluidifie et enrichit une traduction (l’usage de la barre fixe est un plus, au moins pour garder le cap).

Partant du principe que le français est une langue de référencement et de liaison, contrairement à l’anglais qui multiplie les « and », Marc nous propose d’éviter les cascades de « et » pour structurer le propos.

Pour ce faire, on peut utiliser des synonymes neutres (ainsi que, de même que), scinder la phrase, ouvrir une parenthèse, insérer une liste à puces, procéder à des regroupements logiques, etc.

Je rectifie ma position. Je redresse le buste. Je respire pour assurer une belle amplitude au mouvement. Puis, je me lance et soigne ma réception, avec un exemple anglais proposé par Marc :

« I had settled in Winnipeg for good and my Belfast partners were now in their 70s and decided to go back to Ireland, and then I was on my own, » said John Delfour with a measure of regret. »

Voici ma pirouette traduction :
« Alors que je m’étais définitivement installé à Winnipeg, mes compagnons de Belfast, désormais septuagénaires, décidèrent de retourner en Irlande. Je restai donc seul », regrette John Delfour. »

La gymnastique n’est pas si acrobatique, n’est-ce pas ?
Tout est question de souplesse.
Le traducteur, cascadeur de la syntaxe ?

Marie Girardin

Marie Girardin, traductrice-acrobate EN>FR (communication d’entreprise et marketing ; protection de l’environnement), installée en Bretagne.

 

À Propos: La crème de la crème à Chantilly !

ata-fld-newsletter-logoCette année, l’édition européenne de « On traduit à » … réunissait plus d’une centaine de professionnels de la traduction venant notamment de la France, de la Belgique, du Royaume-Uni, de la Suisse, du Canada et des États-Unis et près d’une dizaine de formateurs chevronnés et passionnés. C’était un rendez-vous annuel où les domaines de spécialisation (droit, finance, médical, marketing, communication, etc.) n’avaient plus de frontières. Un seul but : monter la barre encore plus haut!

Chaque participant est reparti non seulement avec un bagage riche en connaissances et en nouvelles astuces, mais aussi avec une multitude de souvenirs de moments magiques partagés avec de nouvelles amitiés tissées soit à l’occasion du pot d’accueil (où l’on pouvait y savourer de délicieuses gourmandises dont les macarons au foie gras), soit autour de bonnes tables dans le cadre enchanteur de l’hippodrome de Chantilly, dans les jardins florissants du Potager des Princes ou dans l’ambiance festive – où fous rires fusaient de toutes parts – de La Cour pavée.
Style et élégance! Voilà qui résume On traduit à Chantilly.

Rendez-vous l’an prochain… à la Grosse Pomme?

Carine Trudel

Carine Trudel est une avocate et une traductrice agréée qui se spécialise en traduction juridique, commerciale et financière. Visitez le www.traductioncarinetrudel.com.

À Propos: On traduit à Chantilly 2015

ata-fld-newsletter-logoJ’attendais cette première édition européenne de la formation « On traduit à… », organisée cette année à Chantilly » avec une grande impatience et je n’ai pas été déçue. Voici ce que je retiendrai de ce séminaire passionnant.

Le partage : au cours des différentes sessions, les formateurs nous ont présenté leurs astuces, leurs choix de traduction, leur style et leur vision personnelle de notre métier. Lors du traduel (ou translation slam), ils ont accepté de dévoiler leur travail, avec humilité et en assumant des choix parfois audacieux. Toujours à l’écoute des propositions de la salle, ils ont encouragé chaque participant à s’exprimer et à faire part de ses trouvailles. Une table – fort bien garnie – était également à disposition pour présenter les réalisations des participants et laisser ses cartes de visite.

Les rencontres : plus de 100 personnes avaient fait le déplacement, en plein cœur de l’été, parfois depuis l’autre bout de la France, le Royaume-Uni, la Belgique, le Canada ou les États-Unis. Comme toujours, c’est l’occasion de revoir des collègues ou de rencontrer de nouvelles têtes. Les moments de convivialité ont été nombreux et riches d’échanges (et parfois de fous rires !).

L’envie de progresser et d’aller plus loin : de toute évidence, c’est le point commun à tous les participants. Pour ma part, j’ai pu revoir certaines techniques que j’utilise déjà (mais pas systématiquement) et découvrir de nouvelles astuces pour améliorer, au quotidien, la qualité des traductions que je livre à mes clients.

Rendez-vous est pris pour la prochaine édition en 2016 !

Nelia Fahloun

Nelia Fahloun est traductrice juridique et rédactionnelle de l’anglais et de l’espagnol vers le français depuis 2010. Membre de l’ITI, de l’ATA, de la SFT et de l’AITC, elle possède un Master de Traduction et rédaction technique de l’Université de Bretagne Occidentale.

Le présent article a fait l’objet d’une première publication dans le numéro de septembre 2015 d’Au Courant, la lettre d’information de la section française d’ITI.