{"id":1633,"date":"2018-12-28T15:15:11","date_gmt":"2018-12-28T15:15:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/?p=1633"},"modified":"2026-04-12T04:26:51","modified_gmt":"2026-04-12T04:26:51","slug":"traduire-a-velo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/2018\/12\/28\/traduire-a-velo\/","title":{"rendered":"Traduire \u00e0 v\u00e9lo"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1634\" aria-describedby=\"caption-attachment-1634\" style=\"width: 4857px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/dallas-kwok-402163-unsplash.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1634\" src=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/dallas-kwok-402163-unsplash.jpg\" alt=\"\" width=\"4857\" height=\"3238\" srcset=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/dallas-kwok-402163-unsplash.jpg 4857w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/dallas-kwok-402163-unsplash-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/dallas-kwok-402163-unsplash-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/dallas-kwok-402163-unsplash-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/dallas-kwok-402163-unsplash-772x515.jpg 772w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/dallas-kwok-402163-unsplash-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 4857px) 100vw, 4857px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1634\" class=\"wp-caption-text\">Photo \u00a9 Dallas Kwok via Unsplash<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/ata-fld-newsletter-logo.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-189 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/ata-fld-newsletter-logo-150x150.png\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/ata-fld-newsletter-logo-150x150.png 150w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/ata-fld-newsletter-logo-300x300.png 300w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/ata-fld-newsletter-logo-96x96.png 96w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/ata-fld-newsletter-logo.png 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Par Jonathan Hine<\/p>\n<p>Traduit de l\u2019anglais par Christine Cross.<\/p>\n<p><em>Cet article a initialement \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/traduire\/788\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">publi\u00e9<\/a> dans la revue <\/em>Traduire<em>, une publication de la SFT (juin 2016). Il est reproduit avec l\u2019autorisation de l\u2019auteur et de la traductrice.<\/em><\/p>\n<p>Il \u00e9tait \u00e0 v\u00e9lo, seul aspect positif de la situation dans laquelle il se trouvait. La route c\u00f4ti\u00e8re glissante montait, descendait, contournait l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre les promontoires\u00a0; le vent et la pluie lui arrivant tant\u00f4t de front, tant\u00f4t de c\u00f4t\u00e9, l\u2019\u00e9loignaient de sa trajectoire. En d\u00e9pit de la pluie battante et glaciale qui ruisselait sur sa veste Arc\u2019teryx, d\u00e9trempant l\u2019entrejambe de sa combinaison avant de couler jusqu\u2019\u00e0 ses chevilles, il p\u00e9dalait inlassablement, tour de roue apr\u00e8s tour de roue. Au sommet de la colline, il se hissa \u00e0 la hauteur de sa compagne de route et adapta sa cadence \u00e0 la sienne. Elle faisait grise mine. La pluie d\u00e9goulinait le long de son nez. Il savait bien qu\u2019elle \u00e9tait tout aussi tremp\u00e9e que lui.<!--more--><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On s\u2019amuse bien maintenant, pas vrai\u00a0?\u00a0\u00bb, lui lan\u00e7a-t-il en guise de boutade.<\/p>\n<p>Elle le fusilla du regard.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0T\u2019appelles \u00e7a s\u2019amuser\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0On n\u2019est pas oblig\u00e9 de rire \u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e pour s\u2019amuser, r\u00e9torqua-t-il. Je pr\u00e9f\u00e8re quand m\u00eame \u00eatre ici, en train de me battre pour avancer sur cette route c\u00f4ti\u00e8re, qu\u2019\u00e0 l\u2019arr\u00eat sur l\u2019autoroute \u00e0 attendre que les secours aient d\u00e9blay\u00e9 la chauss\u00e9e suite \u00e0 un accident un peu plus loin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Son visage s\u2019illumina. Elle leva un regard rapide sur lui et sourit. Ils d\u00e9val\u00e8rent la colline jusqu\u2019au village en contrebas o\u00f9 ils allaient passer la nuit. Le temps d\u2019acc\u00e9der \u00e0 leur chambre, de faire un brin de toilette puis de se rhabiller, l\u2019orage s\u2019\u00e9tait \u00e9loign\u00e9. Le soleil se couchait sur la mer Tyrrh\u00e9nienne lorsqu\u2019ils sortirent d\u00eener dans une <em>trattoria<\/em>. Comme d\u2019habitude apr\u00e8s un fort orage estival, l\u2019air \u00e9tait \u00e0 la fois frais et chaud. Des moineaux et des hirondelles \u00e9mergeaient de l\u2019avant-toit des maisons du village en qu\u00eate des insectes qui fourmillent au coucher du soleil.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019image de tant d\u2019autres villages du littoral italien, celui-ci regorgeait de touristes. Ils trouv\u00e8rent un restaurant davantage fr\u00e9quent\u00e9 que les autres par la population italienne, mais, \u00e0 mi-repas, un musicien ambulant fit son entr\u00e9e, attir\u00e9 comme un aimant par la client\u00e8le \u00e9trang\u00e8re. Le couple interrompit sa conversation et \u00e9changea un sourire lorsque le musicien s\u2019arr\u00eata \u00e0 leur table pour leur chanter quelques vers. Tout cela faisait partie de l\u2019ambiance de la maison, m\u00eame si la voix tendue du chanteur semblait moins \u00e9pater le cycliste que les Am\u00e9ricains, de l\u2019\u00c9tat du Michigan, de la table voisine. Apr\u00e8s une <em>coda<\/em> tellement longue qu\u2019elle aurait pu encercler sa panse impressionnante, le chanteur s\u2019\u00e9clipsa en tirant sa r\u00e9v\u00e9rence. L\u2019homme et la femme reprirent leur face-\u00e0-face, \u00e9changeant un regard, leurs visages \u00e9clair\u00e9s par la lumi\u00e8re de la bougie pos\u00e9e sur la table.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si je comprends bien, tu n\u2019as pas encore fix\u00e9 de terme \u00e0 ce voyage, dit-elle en prenant une m\u00e8che de ses cheveux ch\u00e2tains et la roulant dans ses doigts avant de la coincer derri\u00e8re son oreille. Tu es parti depuis plus de deux ans d\u00e9j\u00e0. Tu n\u2019as pas encore trouv\u00e9 de chez-toi\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Oui et non, r\u00e9pondit-il. Je ne sais pas trop. Je me sens toujours chez moi l\u00e0 o\u00f9 je suis, et l\u00e0 o\u00f9 je vais ensuite.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00c7a n\u2019a pas de sens. Ton chez-toi devrait \u00eatre l\u2019endroit d\u2019o\u00f9 tu viens, o\u00f9 tu comptes retourner un jour.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Et qui aurait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 \u00e7a\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il saisit la carafe pos\u00e9e sur la table et versa de l\u2019eau dans leurs deux verres.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Moi, comme tout le monde.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Ce n\u2019est pas mon avis, donc \u201ctout le monde\u201d, c\u2019est beaucoup dire, lui sourit-il.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0D\u2019accord, t\u00eate de mule, mais tu viens d\u2019o\u00f9 au juste\u00a0? C\u2019est l\u00e0 que tu devrais te sentir chez toi.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Je pourrais nommer quatre ou cinq endroits diff\u00e9rents o\u00f9 je me sens chez moi \u00e0 divers titres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il avala une gorg\u00e9e de vin. Elle remarqua que, contrairement \u00e0 la plupart des hommes, il continuait de la d\u00e9visager tout en parlant, son regard ne quittant jamais le sien.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et toi, tu viens d\u2019o\u00f9\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Tu le sais bien. De Minneapolis.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Mais \u00e7a, c\u2019est un lieu pr\u00e9cis, dit-il.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Bien s\u00fbr. C\u2019est toujours dans un endroit pr\u00e9cis que l\u2019on se sent chez soi.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Si je dois absolument citer un endroit, alors mon chez-moi pourrait \u00eatre l\u2019endroit o\u00f9 je suis n\u00e9, o\u00f9 j\u2019ai grandi, o\u00f9 j\u2019ai fait mes \u00e9tudes, dont j\u2019ai les meilleurs souvenirs, o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 l\u2019essentiel de mon existence jusqu\u2019ici, n\u2019est-ce pas\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Tout \u00e0 fait, dit-elle. Donc, quel est cet endroit\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Chacun de ces endroits a une signification diff\u00e9rente \u00e0 mes yeux\u00a0: Norfolk, Rome, Annapolis, Honolulu ou Charlottesville.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Et o\u00f9 comptes-tu retourner\u00a0? Et pourquoi\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0L\u00e0 o\u00f9 j\u2019en aurai envie le moment venu. Minneapolis peut-\u00eatre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle sourit tout en d\u00e9tournant son regard. Un groupe de personnes install\u00e9 \u00e0 l\u2019autre bout de la salle venait de se mettre \u00e0 chantonner tant bien que mal \u00ab\u00a0Joyeux anniversaire\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais, accompagn\u00e9 du chanteur et de sa guitare. Les gar\u00e7ons de caf\u00e9 sortaient de la cuisine portant des plateaux de <em>porchetta, bucatini alla romana, carciofi alla Giudecca<\/em>, ou des desserts destin\u00e9s aux convives de la premi\u00e8re heure.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019elle se retourna, elle vit qu\u2019il la regardait encore.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et si \u00eatre chez soi ne tenait justement qu\u2019\u00e0 une sensation\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il se pencha vers elle, tellement proche de la bougie qu\u2019en baissant la t\u00eate, ses cheveux cendr\u00e9s auraient pu prendre feu. Puis il ajouta\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tu n\u2019arrives pas \u00e0 comprendre que je puisse me sentir chez moi dans plein d\u2019endroits diff\u00e9rents\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Bien s\u00fbr, mais tu n\u2019as vraiment pas de point d\u2019attache\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Si, peut-\u00eatre m\u00eame plusieurs. J\u2019ai mon nouveau pied-\u00e0-terre ici en Italie et une maison en Virginie. Cela ne te suffit pas\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Et tu pourrais t\u2019installer d\u00e9finitivement dans l\u2019un ou l\u2019autre\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Vraisemblablement. Mais je pr\u00e9f\u00e9rerais trouver un autre point de chute une fois que j\u2019aurai vu tous les endroits que je ne connais pas encore. La c\u00f4te ouest des \u00c9tats-Unis, par exemple. Ce serait un coin o\u00f9 il ne neige pas l\u2019hiver, je pense.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Mais tu as pass\u00e9 les trois derniers hivers sur ta selle, s\u2019exclama-t-elle, un l\u00e9ger sourire aux l\u00e8vres. Pourquoi t\u2019arr\u00eater\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ils \u00e9clat\u00e8rent tous deux de rire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00catre chez soi, \u00e7a fait quoi\u00a0? demanda-t-elle.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0J\u2019sais pas vraiment. La sensation que m\u2019inspire un endroit d\u00e9pend bien plus des personnes que j\u2019y rencontre que de son confort mat\u00e9riel. Je me sens chez moi partout o\u00f9 j\u2019ai le sentiment d\u2019\u00eatre accept\u00e9, respect\u00e9 et aim\u00e9, o\u00f9 les autochtones me r\u00e9servent un accueil bienveillant. Vu sous cet angle, je me sens chez moi presque partout.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Mais les gens peuvent te donner cette impression sans que ce soit r\u00e9ciproque. Tu resteras quand m\u00eame un intrus, un \u00e9tranger parmi eux.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Exact. Ajoutons donc que je me sens bien l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai le sentiment que les habitants appr\u00e9cient ma pr\u00e9sence et accueillent favorablement ma participation \u00e0 la vie locale. Je sais bien que pour des raisons li\u00e9es \u00e0 la citoyennet\u00e9, aux \u00c9tats-nations et aux incontournables diff\u00e9rences culturelles, j\u2019aurai toujours le statut d<em>\u2019americano<\/em> ici et que, dans d\u2019autres coins, les vieilles familles me qualifieront toujours de \u201c\u00a0nouveau venu\u00a0\u201d, puisque nous n\u2019aurons pas fait nos \u00e9tudes ensemble. Cela ne me d\u00e9range pas, car j\u2019ai toujours mon r\u00f4le \u00e0 jouer dans la soci\u00e9t\u00e9 et sur la sc\u00e8ne locale. Ainsi, je peux apporter ma pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice et \u00eatre accept\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pendant un moment, elle le d\u00e9visagea sans mot dire. Puis elle se cala au fond de sa chaise.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tu ne te poseras jamais, n\u2019est-ce pas\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Probablement pas, avoua-t-il. Il faut savoir que je ne suis jamais rest\u00e9 suffisamment longtemps dans un endroit pour m\u2019y enraciner. Alors, comme un brom\u00e9lia, je dois puiser mes ressources dans l\u2019air qui m\u2019entoure. Je plante des racines uniquement dans la mesure o\u00f9 cela me permet de ma\u00eetriser suffisamment le terrain.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0C\u2019est pour cela que tu n\u2019es pas un touriste. Tu es partout chez toi, sans jamais rentrer \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Dans un sens\u2026<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Et tu comptes arr\u00eater un jour de voyager constamment \u00e0 v\u00e9lo\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Bien s\u00fbr. Je ne pourrai pas continuer comme cela <em>ad vitam \u00e6ternam<\/em>. Un jour, je ne pourrai plus enfourcher ma b\u00e9cane.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il se pencha en arri\u00e8re et \u00e9carta les mains.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alors je resterai chez moi, quel que soit l\u2019endroit choisi.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0J\u2019ai du mal \u00e0 le croire. Je pense que tu trouveras un endroit o\u00f9 te reposer entre deux voyages. Un endroit o\u00f9 tu auras envie de revenir.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Comme toi\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0En un sens\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il sourit et fit signe \u00e0 un serveur deux tables plus loin, tra\u00e7ant en l\u2019air un trait imaginaire pour demander l\u2019addition.<\/p>\n<p>La note pay\u00e9e, ils quitt\u00e8rent le restaurant et se dirig\u00e8rent vers le <em>lungomare<\/em>. Il acheta un \u0153illet \u00e0 une vendeuse ambulante pour l\u2019offrir \u00e0 sa compagne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et je le mettrai o\u00f9\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Tu trouveras un vase ou un verre lorsque nous serons rentr\u00e9s \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Tu veux dire \u00e0 la maison d\u2019h\u00f4tes\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Notre petit nid douillet,\u00a0\u00bb ironisa-t-il.<\/p>\n<p>Le lendemain, le soleil \u00e9tait haut dans le ciel\u00a0; le vent soufflait encore, mais le fond de l\u2019air \u00e9tait chaud et sec. Il \u00e9tait parvenu, en milieu de matin\u00e9e, \u00e0 trouver un rythme de croisi\u00e8re, tout en profitant de l\u2019instant\u00a0: il pouvait regarder le paysage, \u00e9couter le vent et le chant des oiseaux, humer le parfum des arbres et l\u2019odeur des d\u00e9tritus de la plage, tout en adaptant son rythme \u00e0 celui de sa compagne. Ils pique-niqu\u00e8rent dans un parc en bord de route avant de poursuivre leur remont\u00e9e du littoral.<\/p>\n<p>Cela faisait presque trois ans qu\u2019il vivait ainsi, sur la route\u00a0; plus encore si l\u2019on comptait les circuits qu\u2019il avait effectu\u00e9s en 2012 et 2013. Il repensa \u00e0 ces mots qu\u2019il avait \u00e9crits un peu plus d\u2019un an auparavant\u00a0: \u00ab\u00a0Sur le plan sentimental, le plus grand inconv\u00e9nient de la vie d\u2019un travailleur nomade tient \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de cr\u00e9er de nouvelles relations intimes, puisque l\u2019on doit constamment repartir. Bien s\u00fbr, si je retourne dans des lieux o\u00f9 j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 s\u00e9journ\u00e9, je peux entretenir, voire faire \u00e9voluer, des relations nou\u00e9es sur place et nourries par des correspondances. Mais je ne suis jamais revenu sur mes pas, du moins pas jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Et aucun de mes nouveaux amis n\u2019a choisi d\u2019enfourcher son v\u00e9lo pour me tenir compagnie, m\u00eame s\u2019ils auraient tr\u00e8s bien pu le faire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais il n\u2019\u00e9tait plus toujours tout seul. Ne serait-ce qu\u2019en \u00e9t\u00e9, elle l\u2019accompagnait pendant quelques mois. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re ils avaient \u00e9volu\u00e9 \u00e0 v\u00e9lo chacun de leur c\u00f4t\u00e9, avant de d\u00e9couvrir que p\u00e9daler en bin\u00f4me \u00e9tait bien plus sympathique que de p\u00e9daler en solo. S\u2019il attendait d\u00e9sormais l\u2019\u00e9t\u00e9 avec impatience, c\u2019\u00e9tait bien plus pour ces moments partag\u00e9s avec elle qu\u2019en raison du beau temps et des longues journ\u00e9es ensoleill\u00e9es.<\/p>\n<p>En p\u00e9dalant, il r\u00e9fl\u00e9chissait \u00e0 la question qu\u2019elle, et tant d\u2019autres, lui avait pos\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Pendant combien de temps penses-tu pouvoir continuer ainsi\u00a0?\u00a0\u00bb. Il n\u2019avait jamais su quoi r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>La route c\u00f4ti\u00e8re \u00e9tait toujours aussi sinueuse. Le vent, d\u2019abord de c\u00f4t\u00e9, arrivait maintenant de face. Il r\u00e9trograda d\u2019un braquet et, augmentant sa cadence, vint s\u2019abriter derri\u00e8re elle \u00e0 deux bons m\u00e8tres de distance. Une fois dans son sillage, il repassa au braquet sup\u00e9rieur et cala de nouveau son rythme sur le sien.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait parfaitement conscient du fait qu\u2019il ne pourrait pas vivre sur son v\u00e9lo \u00e0 tout jamais. Mais \u00e0 moins d\u2019\u00eatre contraint \u00e0 l\u2019abandon par un accident ou une maladie subite, comment saurait-il que le moment \u00e9tait venu de mettre fin \u00e0 ses p\u00e9r\u00e9grinations\u00a0? Le saurait-il seulement un jour\u00a0? La d\u00e9cision se prendrait-elle subitement, ou petit \u00e0 petit\u00a0?<\/p>\n<p>En arrivant en haut d\u2019un promontoire, elle ralentit puis s\u2019arr\u00eata. En contrebas, la plage dessinait un trait rose blanch\u00e2tre entre la noirceur de la for\u00eat et celle de la mer, le soleil \u00e0 moiti\u00e9 couch\u00e9 jetant ses rayons dans l\u2019eau et sur le sable.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une photo\u00a0?\u00a0\u00bb, sugg\u00e9ra-t-il, en descendant de son v\u00e9lo.<\/p>\n<p>Elle hocha la t\u00eate, le sourire aux l\u00e8vres.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je tiens les v\u00e9los\u00a0\u00bb, dit-il en saisissant le tube horizontal de sa b\u00e9cane.<\/p>\n<p>Elle prit l\u2019appareil photo dans le panier et s\u2019avan\u00e7a vers le bord de la falaise. Il la suivait du regard depuis l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la route. Elle oscillait d\u2019avant en arri\u00e8re pour trouver la bonne perspective et choisir son angle. Il reprit ses cogitations.<\/p>\n<p>Il disposait effectivement de deux r\u00e9sidences qui lui servaient de base, l\u2019une en Italie, l\u2019autre en Virginie. Pour l\u2019instant, il les utilisait toutes deux essentiellement pour stocker ce dont il n\u2019avait pas besoin lors de ses p\u00e9r\u00e9grinations cyclistes. En profitant des tarifs de basse saison et en r\u00e9servant bien \u00e0 l\u2019avance, il pouvait relier les deux en avion pour une somme modique, \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quivalente au prix de la travers\u00e9e des \u00c9tats-Unis en voiture, en avion ou en train. Peut-\u00eatre en viendrait-il \u00e0 rester tout simplement plus longtemps dans chacun de ces deux endroits et \u00e0 passer moins de temps en selle\u00a0? Il pr\u00e9voyait d\u00e9j\u00e0 d\u2019en choisir un o\u00f9 se r\u00e9fugier un jour et se consacrer \u00e0 son \u0153uvre d\u2019\u00e9crivain.<\/p>\n<p>Mais avant de ralentir le rythme, il lui restait de grandes routes \u00e0 parcourir\u00a0: la Route\u00a066 et le <em>Katy Trail<\/em> aux \u00c9tats-Unis, les V\u00e9loroutes europ\u00e9ennes\u00a05 et 7 (voire d\u2019autres), et la Route\u00a0395 am\u00e9ricaine. Il voulait \u00e9galement faire le tour de la Sardaigne \u00e0 v\u00e9lo.<\/p>\n<p>Elle revint vers lui et rangea son mat\u00e9riel photo.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pr\u00eat\u00a0? lui lan\u00e7a-t-elle.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Oui. \u00c0 ce rythme, dans une heure nous serons chez Stefania.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les nuit\u00e9es chez des amis et coll\u00e8gues faisaient partie des temps forts qui jalonnaient le parcours soigneusement concoct\u00e9 pour leur balade estivale.<\/p>\n<p>Il enclencha son plus gros braquet et d\u00e9vala la colline, savourant la sensation de vitesse et le vide de la route qui s\u2019ouvrait devant lui. Elle fut moins aventureuse mais le rejoignit rapidement pour entamer la section plate le long de la plage. Un kilom\u00e8tre plus loin, elle repassa devant et il lui su\u00e7ait \u00e0 nouveau la roue. \u00ab\u00a0Eur\u00eaka\u00a0\u00bb, pensa-t-il.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai trouv\u00e9\u00a0! cria-t-il, en p\u00e9dalant fort pour se hisser \u00e0 sa hauteur.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Quoi\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0La r\u00e9ponse \u00e0 la question d\u2019hier soir. Quand je saurai que l\u2019heure est venue de m\u2019arr\u00eater et de me poser d\u00e9finitivement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle regardait fixement devant elle\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et donc\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0J\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 ce que l\u2019amiral Gerry Miller avait l\u2019habitude de dire \u00e0 ses capitaines de navire lorsqu\u2019ils s\u2019engageaient dans la 6<sup>e<\/sup> flotte am\u00e9ricaine\u00a0: \u201cSi le plaisir n\u2019est pas au rendez-vous, c\u2019est que vous vous \u00eates \u00e9gar\u00e9s.\u201d<\/p>\n<p>\u2013\u00a0J\u2019ai du mal \u00e0 croire que le jour viendra o\u00f9 tu n\u2019auras plus envie de p\u00e9daler.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Soit. Mais ma fa\u00e7on de faire pourra \u00e9voluer. Je vais peut-\u00eatre prolonger la dur\u00e9e de mes escales. Et un jour, je r\u00e9aliserai que, \u00e7a y est, je me suis enfin pos\u00e9. Tant que j\u2019y prends du plaisir, c\u2019est que je ne me suis pas encore \u00e9gar\u00e9.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Mais tu ne sais toujours pas quand.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Non, aucune id\u00e9e, avoua-t-il, mais je sais que ce sera formidable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>Ceux et celles qui suivent mon blog sur la vie d\u2019un traducteur cycliste nomade (<em><a href=\"https:\/\/freewheelingfreelancer.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The Freewheeling Freelancer<\/a><\/em>) sauront que j\u2019ai quitt\u00e9 Charlottesville, en Virginie, en ao\u00fbt 2013, et que je vis depuis \u00ab\u00a0en selle\u00a0\u00bb. La traduction fait partie de ces m\u00e9tiers compatibles avec une vie nomade.<\/p>\n<p>Ce style de vie, qui peut parfois faire r\u00eaver, ne convient cependant pas \u00e0 tout le monde. Une planification minutieuse et un fort engagement sont de rigueur. J\u2019ai pass\u00e9 deux ans \u00e0 me pr\u00e9parer avant de me lancer dans cette aventure. Voici, dans le d\u00e9sordre, quelques r\u00e9flexions \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p><strong>Cyclotourisme <em>vs<\/em> travail nomade<\/strong><\/p>\n<p>Le cyclotourisme, c\u2019est avant tout voyager et d\u00e9couvrir des paysages. Pour un travailleur itin\u00e9rant, l\u2019enjeu est de coordonner d\u00e9placements et temps de travail. Le r\u00e9cit imaginaire qui pr\u00e9c\u00e8de t\u00e9moigne assez fid\u00e8lement de la vie que je m\u00e8ne lors de mes diff\u00e9rents p\u00e9riples cyclistes. Quand je voyage en solitaire, il me faut trouver un juste \u00e9quilibre entre voyage et travail. J\u2019essaie d\u2019arriver l\u00e0 o\u00f9 je vais dormir bien avant la tomb\u00e9e de la nuit pour pouvoir me m\u00e9nager des plages de travail et de bonnes nuits de sommeil. L\u2019hiver, je troque la toile de tente contre de petites auberges et des chambres d\u2019h\u00f4tes dont les prix sont plus abordables en basse saison. J\u2019appr\u00e9cie les auberges, car je peux souvent faire ma propre cuisine. Je mange assez souvent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur comme cela\u00a0! Le co\u00fbt de ces h\u00e9bergements est <em>grosso modo<\/em> du m\u00eame ordre, voire plus avantageux, que le loyer d\u2019un appartement digne de ce nom dans une grande ville.<\/p>\n<p>Lorsque je roule en solitaire, je ne fais de cyclotourisme que pendant mon temps libre, par exemple pour faire un crochet \u00e0 Ravenne pendant le week-end et aller voir les mosa\u00efques, \u00e0 l\u2019instar de ceux qui travaillent \u00e0 domicile et qui se rendent chez des amis ou partent en promenade.<\/p>\n<p><strong>Vacances<\/strong><\/p>\n<p>Il faut savoir que je n\u2019avais pris de vraies vacances que trois fois dans ma vie d\u2019adulte avant que mon ordinateur ne me l\u00e2che dans un coin perdu de la Gasp\u00e9sie pendant l\u2019\u00e9t\u00e9\u00a02014. Je n\u2019ai plus eu acc\u00e8s \u00e0 internet pendant huit longues semaines, ce qui m\u2019a permis de d\u00e9couvrir ce que sont de v\u00e9ritables vacances. Depuis deux \u00e9t\u00e9s, j\u2019ai compris qu\u2019il m\u2019est impossible de partir en tourn\u00e9e \u00e0 v\u00e9lo accompagn\u00e9 d\u2019un(e) ami(e) et de travailler en m\u00eame temps. Mais je me suis \u00e9galement rendu compte que, p\u00e9dalant en solitaire, je gagne suffisamment bien ma vie pour pouvoir fermer boutique quand je pars en cyclotouriste. Je g\u00e8re d\u00e9sormais mon budget annuel de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir prendre des vacances en \u00e9t\u00e9, comme n\u2019importe quel autre travailleur. Je pr\u00e9viens mes clients de mon absence, du moins ceux qui affichent sur leur site web un calendrier de disponibilit\u00e9s \u00e0 remplir. Je programme une r\u00e9ponse automatique sur ma messagerie \u00e9lectronique et mon t\u00e9l\u00e9phone. Le reste de l\u2019ann\u00e9e, il n\u2019y a entre ma client\u00e8le et moi que la distance qui me s\u00e9pare du t\u00e9l\u00e9phone portable accroch\u00e9 au guidon.<\/p>\n<p><strong>Relations avec les clients<\/strong><\/p>\n<p>Pour l\u2019essentiel, mes clients sont des prestataires de services linguistiques. Savoir o\u00f9 je me trouve physiquement ne les int\u00e9resse pas, \u00e0 partir du moment o\u00f9 j\u2019accepte leurs propositions de travail et respecte les d\u00e9lais de livraison. Il ne me reste qu\u2019\u00e0 adapter mes d\u00e9placements en cons\u00e9quence. J\u2019ai \u00e9tabli, avec mes quelques clients directs, des liens tellement proches que notre collaboration tient presque du travail d\u2019\u00e9quipe. Et certains des prestataires de services linguistiques qui me connaissent me suivent par l\u2019interm\u00e9diaire de mon blog ou via Facebook, mais \u00e0 titre personnel et non pas professionnel. D\u2019aucuns sont ravis pour moi, voire envieux, mais jusqu\u2019ici personne n\u2019a trouv\u00e9 \u00e0 y redire. Je mets un point d\u2019honneur \u00e0 rendre visite \u00e0 mes clients lorsque je suis de passage dans leur ville (ce que je fais depuis plus de 20\u00a0ans d\u00e9j\u00e0), et je les retrouve \u00e9galement lors des conf\u00e9rences de traducteurs. Ils sont nombreux d\u00e9sormais \u00e0 compter parmi mes amis.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux m\u00e9dias modernes, je parviens m\u00eame \u00e0 \u00e9largir mon portefeuille de clients. Mon profil professionnel figurant sur le <a href=\"https:\/\/www.atanet.org\/onlinedirectories\/search_advanced.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9pertoire<\/a> de traducteurs et d\u2019interpr\u00e8tes de <a href=\"https:\/\/www.atanet.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019Association am\u00e9ricaine des traducteurs (ATA)<\/a> est de loin ma premi\u00e8re source de nouveaux clients, suivi de pr\u00e8s par des contacts nou\u00e9s via des cons\u0153urs ou confr\u00e8res. Je suis \u00e9galement pr\u00e9sent sur LinkedIn et Facebook (plut\u00f4t \u00e0 titre personnel) et je dois avouer que le r\u00e9seautage m\u2019a valu quelques missions int\u00e9ressantes, dont le livre sur lequel je travaille \u00e0 l\u2019heure actuelle.<\/p>\n<p><strong>Communication <\/strong><\/p>\n<p>Le style de vie que j\u2019ai choisi est bien adapt\u00e9 au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. C\u2019est gr\u00e2ce au smartphone accroch\u00e9 au guidon et \u00e0 l\u2019ordinateur portable performant rang\u00e9 dans ma sacoche que je peux me le permettre. Avant d\u2019acheter mon premier smartphone en 2014, je m\u2019arrangeais pour m\u2019arr\u00eater aux bornes Wi-Fi, nombreuses en Am\u00e9rique du Nord, qui jalonnaient mon chemin. Ce syst\u00e8me fonctionne toujours et, dans la mesure du possible, je choisis des h\u00e9bergements disposant de connexions Wi-Fi, campings compris. Le smartphone peut servir de borne Wi-Fi, et j\u2019ai un forfait mensuel qui me donne acc\u00e8s \u00e0 ces fonctionnalit\u00e9s. J\u2019ai recours \u00e0 Skype pour appeler les postes fixes ainsi que d\u2019autres utilisateurs Skype \u00e0 travers le monde, et pour consulter la messagerie de ma ligne t\u00e9l\u00e9phonique professionnelle en Virginie.<\/p>\n<p><strong>Courrier et point d\u2019attache italien<\/strong><\/p>\n<p>Mon fils, qui habite aux \u00c9tats-Unis, me sert de bo\u00eete aux lettres. Il re\u00e7oit, trie et me fait parvenir mon courrier personnel et professionnel. J\u2019arrive m\u00eame \u00e0 passer des commandes par internet, en me faisant livrer chez un ami ou \u00e0 l\u2019h\u00f4tel. Pour ce qui est de mon statut lorsque je suis en Europe, j\u2019ai lou\u00e9 un petit appartement en Italie, ce qui me permet d\u2019obtenir tous les visas n\u00e9cessaires \u00e0 mes p\u00e9riples europ\u00e9ens. Cet appartement me sert \u00e9galement de lieu de stockage et d\u2019adresse postale.<\/p>\n<p><strong>Missions d\u2019interpr\u00e9tation et de formation<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019essentiel de mon travail consiste \u00e0 effectuer des traductions et des relectures. Il m\u2019arrive toutefois de me voir confier des missions ponctuelles d\u2019interpr\u00e9tation, de conseil ou de formation sur le terrain. J\u2019ai donc mis en place un syst\u00e8me, que j\u2019ai test\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord et qui a donn\u00e9 de bons r\u00e9sultats. Lorsque je re\u00e7ois une demande de ce type, je pr\u00e9pare un devis en ajoutant le prix de mon d\u00e9placement aller-retour de l\u2019endroit o\u00f9 je me trouve \u00e0 ce moment-l\u00e0. Le client devant, en tout \u00e9tat de cause, me rembourser un aller-retour entre mon lieu de travail et le lieu de la prestation, personne ne s\u2019en \u00e9tonne. Quand je suis en Europe, le probl\u00e8me ne se pose pas tr\u00e8s souvent, car mes quelques clients locaux n\u2019ont pas ce genre de besoin et je dois, de toute fa\u00e7on, me conformer aux r\u00e8gles en vigueur dans l\u2019Union europ\u00e9enne quant \u00e0 l\u2019emploi de ressortissants non europ\u00e9ens.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9lais<\/strong><\/p>\n<p>Les d\u00e9lais sont bien plus faciles \u00e0 g\u00e9rer que lorsque je travaillais \u00e0 domicile. Je dispose librement de mon temps, puisqu\u2019il n\u2019y a plus de r\u00e9unions hebdomadaires, d\u2019obligations personnelles, d\u2019ennuis de sant\u00e9 familiale \u00e0 g\u00e9rer, de r\u00e9p\u00e9titions de chorale, etc. Je suis ainsi \u00e0 m\u00eame d\u2019accepter des propositions de travail sans m\u2019inqui\u00e9ter des \u00e9ch\u00e9ances, que je sais pouvoir honorer. Certes, je ne suis pas \u00e0 l\u2019abri d\u2019un accident ou d\u2019un ennui de sant\u00e9, mais je ne l\u2019\u00e9tais pas non plus lorsque j\u2019habitais Charlottesville.<\/p>\n<p><strong>Gros projets<\/strong><\/p>\n<p>La traduction d\u2019un livre (chose que j\u2019ai faite \u00e0 trois reprises au cours de mes p\u00e9riples \u00e0 v\u00e9lo) impose un rythme de travail diff\u00e9rent de celui exig\u00e9 par les projets urgents, qui ont constitu\u00e9 l\u2019essentiel de mon gagne-pain pendant de longues ann\u00e9es. D\u2019une part, je peux, sur la route, r\u00e9aliser un certain volume de travail chaque jour, ce qui me permet de fixer mes \u00e9ch\u00e9ances de livraison. D\u2019autre part, je peux choisir de rester au m\u00eame endroit pendant quelques jours, voire une semaine, pour boucler un travail avant de repartir vers d\u2019autres aventures. Il arrive que le client oublie un \u00e9l\u00e9ment important et souhaite avancer la date butoir. Et parfois, c\u2019est moi qui choisis de boucler d\u2019un seul trait la traduction d\u2019un roman ou d\u2019un m\u00e9moire. Il m\u2019arrive \u00e9galement de livrer avant terme pour pouvoir reprendre la route en toute libert\u00e9 la semaine suivante. Quelle que soit la configuration, j\u2019ai constat\u00e9 que ce que je gagne au cours de ces \u00ab\u00a0escales\u00a0\u00bb suffit largement \u00e0 couvrir mes factures d\u2019h\u00e9bergement et de restauration.<\/p>\n<p><strong>Rendement et aspects budg\u00e9taires<\/strong><\/p>\n<p>Force est de constater que les volumes de travail que je peux abattre \u00ab\u00a0sur la route\u00a0\u00bb sont moins importants qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 je travaillais \u00e0 domicile. \u00c0 mon grand \u00e9tonnement, cependant, j\u2019ai vite compris que je n\u2019avais pas besoin de brasser de tels volumes\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>D\u00e9penses\u00a0: avec ce mode de vie, je n\u2019ai pratiquement pas de frais g\u00e9n\u00e9raux et les ressources dont je dispose me suffisent amplement. Je n\u2019ai plus de voiture (donc plus d\u2019assurances ni de taxes), plus de pr\u00eat hypoth\u00e9caire \u00e0 rembourser, plus d\u2019entretien de maison ni d\u2019imp\u00f4ts locaux. Et je n\u2019ai pas la fi\u00e8vre acheteuse, sachant que je dois trimbaler toutes mes affaires avec moi\u00a0!<\/li>\n<li>Revenus\u00a0: avant de me lancer dans cette aventure, j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s souvent dans l\u2019obligation de refuser du travail, constat encore valable aujourd\u2019hui. Puisque je savais que je pouvais compter sur ma client\u00e8le \u00e9tablie, il me suffisait de calculer les volumes de travail que je devrais abattre lorsque je serais sur la route pour joindre les deux bouts. J\u2019ai v\u00e9rifi\u00e9 cette hypoth\u00e8se pendant le dernier trimestre de l\u2019exercice\u00a02013 en rangeant toutes mes cartes de cr\u00e9dit personnelles et en vivant exclusivement de mes revenus de traducteur. L\u2019essai a \u00e9t\u00e9 concluant\u00a0!<\/li>\n<li>Charge de travail\u00a0: depuis mon d\u00e9part, j\u2019ai choisi de diviser mon rythme de travail quotidien par deux pour calculer les d\u00e9lais de livraison. Je suis tr\u00e8s satisfait du r\u00e9sultat\u00a0: je gagne certes moins, mais mes besoins ne sont plus les m\u00eames non plus, comme je l\u2019ai expliqu\u00e9. Si l\u2019on me propose une mission int\u00e9ressante, je peux toujours interrompre mon p\u00e9riple, boucler le dossier, puis repartir.<\/li>\n<li>Avertissement\u00a0: ce qui vaut pour moi ne vaudra pas forc\u00e9ment pour tout le monde. Cela fait presque 55\u00a0ans que j\u2019exerce le m\u00e9tier de traducteur. J\u2019ai mis un certain temps \u00e0 construire ma client\u00e8le et \u00e0 engranger les connaissances que je peux faire valoir aujourd\u2019hui dans mes domaines de sp\u00e9cialisation. Celles et ceux d\u2019entre vous qui souhaiteraient partir plus souvent en voyage mais qui ne peuvent se permettre le luxe de cesser leur activit\u00e9 professionnelle pourraient s\u2019inspirer de mon exp\u00e9rience. Cependant, il vous faudra bien vous pr\u00e9parer \u00e0 tous points de vue. N\u2019oubliez pas que chaque cas est unique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voici, r\u00e9sum\u00e9s tr\u00e8s bri\u00e8vement, quelques avantages et inconv\u00e9nients de la vie que j\u2019ai choisi de mener (tout n\u2019est pas toujours au beau fixe\u00a0!)\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"182\"><strong>Domaine<\/strong><\/td>\n<td width=\"227\"><strong>Avantage<\/strong><\/td>\n<td width=\"255\"><strong>Inconv\u00e9nient<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">Sant\u00e9<\/td>\n<td width=\"227\">Il s\u2019agit d\u2019un mode de vie tr\u00e8s sain. Je peux r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 mon rythme apr\u00e8s une longue journ\u00e9e, parfois p\u00e9nible, en selle. Je dors mieux et, mon cerveau \u00e9tant mieux irrigu\u00e9, mon rendement n\u2019en est que meilleur.<\/td>\n<td width=\"255\">Personne n\u2019est \u00e0 l\u2019abri d\u2019un ennui de sant\u00e9\u00a0; il faut donc soit souscrire une assurance sant\u00e9 pour assurer le remboursement des frais, soit mettre de l\u2019argent de c\u00f4t\u00e9 pour faire face aux \u00e9ventuelles situations de crise.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">Activit\u00e9 physique<\/td>\n<td width=\"227\">Faire du v\u00e9lo constitue une activit\u00e9 physique en soi. Par ailleurs, il m\u2019arrive tr\u00e8s rarement de s\u00e9journer dans des endroits o\u00f9 il m\u2019est impossible de faire mes \u00e9tirements matinaux.<\/td>\n<td width=\"255\">Certains mouvements que je faisais tous les matins n\u00e9cessitant un mat\u00e9riel lourd (poids), j\u2019ai d\u00fb les remplacer par d\u2019autres exercices pour faire travailler les muscles concern\u00e9s. Et pendant les p\u00e9riodes o\u00f9, pour raisons professionnelles, je dois rester longtemps s\u00e9dentaire, je fais tr\u00e8s attention \u00e0 mon r\u00e9gime pour \u00e9viter de grossir. Je me m\u00e9nage \u00e9galement des parcours ponctuels \u00e0 v\u00e9lo pour garder la forme.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">R\u00e9gime alimentaire<\/td>\n<td width=\"227\">\u00c0 force d\u2019essais, je pense \u00eatre arriv\u00e9 \u00e0 un bon \u00e9quilibre alimentaire. Bien s\u2019alimenter semble plus facile en Europe qu\u2019aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>J\u2019essaie de faire ma propre cuisine chaque fois que je le peux.<\/td>\n<td width=\"255\">Pas moyen de suivre son \u00e9volution pond\u00e9rale de mani\u00e8re quotidienne.<\/p>\n<p>On est amen\u00e9 in\u00e9luctablement \u00e0 manger \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Il s\u2019agit de faire tr\u00e8s attention pour \u00e9viter tout d\u00e9rapage.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">Aspects vestimentaires<\/td>\n<td width=\"227\">De nos jours, le style d\u00e9contract\u00e9 pr\u00e9vaut partout. M\u00eame en tenue de sport, je me fonds tr\u00e8s facilement dans la foule.<\/td>\n<td width=\"255\">J\u2019aimais bien m\u2019habiller en costume-cravate. Au d\u00e9part, je voulais emporter dans mes bagages des v\u00eatements plus habill\u00e9s, mais tout cela prend bien trop de place.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">Lessive<\/td>\n<td width=\"227\">Les combinaisons cyclistes \u00e9tant en Lycra\u00ae, je peux me rendre tous les 3 ou 4 jours dans une laverie pour r\u00e9aliser un cycle de lavage, ce qui ne revient pas tr\u00e8s cher au final. Sinon, j\u2019ai toujours de quoi laver mon petit linge dans le lavabo de l\u2019h\u00f4tel ou de la chambre d\u2019h\u00f4te o\u00f9 je s\u00e9journe.<\/td>\n<td width=\"255\">Malheureusement, les laveries ne sont pas omnipr\u00e9sentes et le s\u00e9chage du linge lav\u00e9 \u00e0 la main peut poser probl\u00e8me en hiver.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">Relations amicales<\/td>\n<td width=\"227\">J\u2019aime la solitude. J\u2019aime la vie simple et spartiate que je vis sur la route. Mais j\u2019essaie \u00e9galement de pr\u00e9voir des escales chez des amis, des parents, voire des coll\u00e8gues ou des clients, sur le chemin.<\/td>\n<td width=\"255\">Malgr\u00e9 tout, la solitude me p\u00e8se parfois. Je ne suis pas triste, mais souvent conscient de l\u2019impossibilit\u00e9 de forger de nouvelles amiti\u00e9s lorsque l\u2019on se d\u00e9place sans arr\u00eat. Je fais tout pour garder le contact avec mes amis existants.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">No\u00ebl et autres f\u00eates<\/td>\n<td width=\"227\">J\u2019adore d\u00e9couvrir des endroits que je ne connaissais pas et partager cette exp\u00e9rience avec de nouveaux amis. Ne faisant plus partie du monde de la grande consommation, je peux g\u00e9rer ma vie en dehors des p\u00e9riodes de pointe.<\/td>\n<td width=\"255\">Pendant deux ans, j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 d\u2019envoyer des cartes de fin d\u2019ann\u00e9e. Or, ces cartes \u00e9taient l\u2019occasion de donner signe de vie \u00e0 mes proches. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de renouer avec la tradition et de cosigner un message annuel avec mon fils.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">Gestion du temps<\/td>\n<td width=\"227\">Mon calendrier \u00e9tant moins charg\u00e9, la gestion du temps s\u2019av\u00e8re plus facile.<\/td>\n<td width=\"255\">Il est toutefois difficile de programmer les visites m\u00e9dicales et dentaires qui s\u2019imposent. On y arrive mais non sans mal.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">Vie sociale et paroissiale<\/td>\n<td width=\"227\">Il y a des \u00e9glises partout. Il suffit d\u2019y entrer et on est accueilli \u00e0 bras ouverts. Il m\u2019arrive m\u00eame de chanter avec les ch\u0153urs.<\/td>\n<td width=\"255\">Je ne peux jamais vraiment m\u2019int\u00e9grer dans la vie sociale et paroissiale des endroits o\u00f9 je ne suis que de passage. Je dois souvent faire l\u2019impasse sur des \u00e9v\u00e9nements auxquels j\u2019aurais voulu assister.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"182\">Accueil<\/td>\n<td width=\"227\">J\u2019ai eu le privil\u00e8ge de rencontrer beaucoup de personnes et de b\u00e9n\u00e9ficier de leur g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de leur bon accueil. Tous ces individus, amis ou inconnus, m\u2019ont \u00e9norm\u00e9ment apport\u00e9.<\/td>\n<td width=\"255\">Je ne suis pas en mesure de leur rendre la monnaie de leur pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas une question d\u2019obligation, simplement j\u2019aimerais beaucoup pouvoir les accueillir chez moi.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quelle est la conclusion que j\u2019en tire\u00a0? J\u2019adore vivre en selle et esp\u00e8re pouvoir continuer longtemps ainsi. Je ne suis pas \u00e0 la retraite et dois donc jongler entre mes obligations professionnelles et mes d\u00e9placements personnels. Mais tout cela fait partie int\u00e9grante de l\u2019aventure\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Jonathan T. Hine<\/em><\/strong><em>, \u00ab<strong>\u00a0<\/strong><\/em><em>traducteur ind\u00e9pendant en roue libre\u00a0\u00bb, est docteur \u00e8s lettres et traducteur agr\u00e9\u00e9 (italien &gt; anglais). Il a traduit son premier livre, <\/em>The Struggle against Blindness<em> (<\/em>La lotta contro la cecit\u00e0<em> ou <\/em>La lutte contre la c\u00e9cit\u00e9<em>) de Luciano Moretti, \u00e0 peine neuf ans apr\u00e8s avoir chevauch\u00e9 son premier v\u00e9lo. Au cours de ses \u00e9tudes universitaires, pendant son service militaire dans la Marine et tout au long de sa carri\u00e8re d\u2019administrateur d\u2019universit\u00e9, il n\u2019a cess\u00e9 d\u2019exercer en parall\u00e8le des missions de traducteur et d\u2019interpr\u00e8te. \u00c9crivain et traducteur \u00e0 plein temps depuis 1998, il opte d\u00e8s 2013 pour une vie en selle. Outre la traduction, il gagne sa vie gr\u00e2ce \u00e0 des ateliers professionnels sur la gestion des affaires et l\u2019organisation du travail et \u00e0 la r\u00e9daction d\u2019articles et de manuels pratiques pour travailleurs ind\u00e9pendants. Il intervient r\u00e9guli\u00e8rement dans des conf\u00e9rences sur la traduction et en tant que correcteur pour le compte du service des examens de l\u2019Association am\u00e9ricaine des traducteurs (ATA). Dans son <a href=\"https:\/\/freewheelingfreelancer.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">blog<\/a>, il passe en revue les d\u00e9fis auxquels est confront\u00e9 celui qui choisit une vie de travailleur nomade. Pour visiter son site web, cliquez <a href=\"https:\/\/scriptorservices.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a>.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Par Jonathan Hine Traduit de l\u2019anglais par Christine Cross. Cet article a initialement \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans la revue Traduire, une publication de la SFT (juin 2016). Il est reproduit avec l\u2019autorisation de l\u2019auteur et de la traductrice. Il \u00e9tait \u00e0 v\u00e9lo, seul aspect positif de la situation dans laquelle il se trouvait. 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