{"id":2292,"date":"2019-03-01T16:49:04","date_gmt":"2019-03-01T16:49:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/?p=2292"},"modified":"2026-04-12T04:22:51","modified_gmt":"2026-04-12T04:22:51","slug":"argot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/2019\/03\/01\/argot\/","title":{"rendered":"L\u2019Argot et le traducteur\/interpr\u00e8te judiciaire"},"content":{"rendered":"\r\n<p><em>par H\u00e9l\u00e8ne Viglieno Conte<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<div class=\"wp-block-image\">\r\n<figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" class=\"wp-image-2293\" src=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/A-Propos-Logo.png\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/A-Propos-Logo.png 150w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/A-Propos-Logo-96x96.png 96w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/figure>\r\n<\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Les traducteurs et interpr\u00e8tes judiciaires sont confront\u00e9s \u00e0 de multiples niveaux de langue dans le cadre de leur profession\u00a0: du registre populaire au registre soutenu, en passant par le style familier ou courant. Dans le langage populaire, nous trouvons, entre autres, l\u2019argot. Le pr\u00e9sent article concerne l\u2019argot de France, mais il est bon de rappeler qu\u2019il existe autant de langages familiers dans la langue fran\u00e7aise que de groupes sociaux et r\u00e9gionaux francophones.<!--more--><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>L\u2019argot est un th\u00e8me vaste au lexique plus vaste encore. Cet article aborde les origines et les fonctions de l\u2019argot, les types d\u2019argot contemporains et leur provenance, les principales situations judiciaires dans lesquelles le traducteur\/interpr\u00e8te peut \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 l\u2019argot et la n\u00e9cessit\u00e9 et la difficult\u00e9 de le traduire\/interpr\u00e9ter fid\u00e8lement. La conclusion de cet article est suivie d\u2019une petite histoire remplie de termes argotiques li\u00e9s au judiciaire.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Avant de commencer, rappelons la d\u00e9finition du terme \u00ab\u00a0argot\u00a0\u00bb selon le Larousse\u00a0:<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\r\n<p><strong><em>L\u2019argot est l\u2019ensemble des mots particuliers qu\u2019adopte un groupe social qui veut se distinguer et\/ou se prot\u00e9ger du reste de la soci\u00e9t\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Origine<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le terme <em>argot<\/em> date des ann\u00e9es\u00a01630, le concept lui-m\u00eame faisant son apparition d\u00e8s le 13<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle. Les experts nous apprennent que ce langage a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par les malfaiteurs, c\u2019est donc le jargon des bandits. Au 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, dans ses m\u00e9moires, l\u2019inspecteur Rossignol \u00e9crivait\u00a0:<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\r\n<p>\u00ab M. Jacob, lorsqu\u2019il me re\u00e7ut, me demanda si je parlais l\u2019allemand. \u00c0 sa place, j\u2019aurais demand\u00e9 : \u00ab Parlez-vous l\u2019argot ? \u00bb. La langue verte est en effet la langue que doivent parler tous les inspecteurs de police. Pensez donc ! Tous les jours nous sommes en contact avec des gredins de la pire esp\u00e8ce qui ne disent jamais un mot de vrai fran\u00e7ais et qui, devant le comptoir des marchands de vin de la derni\u00e8re cat\u00e9gorie, ne s\u2019abandonnent qu\u2019\u00e0 ceux qui, familiers avec eux, ont l\u2019air dessal\u00e9 (malin), et qui s\u2019expriment en leur langage. \u00bb<\/p>\r\n<cite>M\u00e9moire de Rossignol<\/cite><\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Fonction<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<div class=\"wp-block-image\">\r\n<figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2294\" src=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Victor-Hugo.jpg\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"242\" srcset=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Victor-Hugo.jpg 359w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Victor-Hugo-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 181px) 100vw, 181px\" \/>\r\n<figcaption>Victor Hugo<\/figcaption>\r\n<\/figure>\r\n<\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>L\u2019argot a pour fonction premi\u00e8re de crypter le discours de celui qui l\u2019emploie. Les locuteurs codent leur message pour ne pas \u00eatre compris des non-initi\u00e9s. On retrouve donc la volont\u00e9 de masquer la langue pour <em>se prot\u00e9ger<\/em>, comme l\u2019affirme la d\u00e9finition du Larousse. <br \/><strong>Victor Hugo<\/strong> \u2014\u00a0\u00e9crivain, po\u00e8te, historien et philosophe fran\u00e7ais du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0\u2014 a minutieusement \u00e9tudi\u00e9 l\u2019argot de son \u00e9poque en tant que lexique, mais \u00e9galement en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne sociolinguistique. Il fut le premier \u00e9crivain \u00e0 avoir la t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 de faire parler l\u2019argot par ses personnages, ce langage \u00e9tant ex\u00e9cr\u00e9 par la bonne soci\u00e9t\u00e9 de son temps. Dans son formidable roman <em>Les mis\u00e9rables<\/em> paru en 1862, il consacre un long paragraphe au sujet et l\u2019on ne peut que constater le lien \u00e9troit qu\u2019il fait entre l\u2019argot et le crime\u00a0:<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\r\n<p>\u00ab Qu\u2019est-ce que l\u2019argot \u00e0 proprement dit ? L\u2019argot est la langue de la mis\u00e8re. Il y a, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de tous les abaissements et de toutes les infortunes, une derni\u00e8re mis\u00e8re qui se r\u00e9volte et qui se d\u00e9cide \u00e0 entrer en lutte [\u2026] ; lutte affreuse o\u00f9 [\u2026] elle attaque l\u2019ordre social \u00e0 coups d\u2019\u00e9pingle par le vice et \u00e0 coup de massue par le crime. Pour les besoins de cette lutte, la mis\u00e8re a invent\u00e9 une langue de combat qui est l\u2019argot. L\u2019argot n\u2019est autre chose qu\u2019un vestiaire o\u00f9 la langue, ayant quelque mauvaise action \u00e0 faire, se d\u00e9guise. [\u2026] La voil\u00e0 pr\u00eate \u00e0 entrer en sc\u00e8ne et \u00e0 donner au crime la r\u00e9plique [\u2026]. Elle ne marche plus, elle clopine ; elle boite sur la b\u00e9quille de la Cour des miracles, b\u00e9quille m\u00e9tamorphosable en massue ; elle se nomme truanderie. [\u2026] Elle est apte \u00e0 tous les r\u00f4les d\u00e9sormais, faite louche par le faussaire, vert-de-gris\u00e9e par l\u2019empoisonneur, charbonn\u00e9e de la suie de l\u2019incendiaire ; et le meurtrier lui met son rouge. \u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Voici un exemple de la mani\u00e8re dont la langue se d\u00e9guisait au 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0: <strong>\u00ab Le grinche a r\u2019piqu\u00e9 au truc en filant une pelure, mais les marchands d\u2019lacets l\u2019ont fabriqu\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 gerb\u00e9 aux durs. \u00bb<\/strong>\u00a0Pour d\u00e9chiffrer cet obscur message, il faut le d\u00e9cortiquer terme par terme\u00a0: grinche (voleur), repiquer au truc (r\u00e9cidiver), filer une pelure (d\u00e9rober un manteau), les marchands de lacets (les gendarmes), fabriquer (pi\u00e9ger), gerber (condamner), les durs (les travaux forc\u00e9s). Ainsi, sa traduction en fran\u00e7ais courant\u00a0serait\u00a0\u00ab\u00a0Le voleur a r\u00e9cidiv\u00e9 en d\u00e9robant un manteau, mais les gendarmes l\u2019ont pi\u00e9g\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019argot d\u2019aujourd\u2019hui <\/strong><\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00c0 notre \u00e9poque, on pourrait dire qu\u2019il existe deux types d\u2019argot. Il y a tout d\u2019abord l\u2019argot qui a conserv\u00e9 sa fonction cryptique, celui utilis\u00e9 par les malfaiteurs et autres personnages de la p\u00e8gre pour ne pas \u00eatre compris des forces de l\u2019ordre. D\u2019ailleurs, d\u00e8s qu\u2019un terme argotique \u00e0 fonction cryptique est d\u00e9chiffr\u00e9 par la police, il devient obsol\u00e8te\u00a0; c\u2019est pour cela qu\u2019il se renouvelle tr\u00e8s vite. De nos jours, l\u2019argot a \u00e9galement une fonction identitaire tr\u00e8s prononc\u00e9e. Il est fa\u00e7onn\u00e9 par des groupes sociaux qui cherchent \u00e0 se diff\u00e9rencier des autres locuteurs. La langue \u00e9tant un aspect intimement li\u00e9 \u00e0 l\u2019identit\u00e9 d\u2019un peuple, l\u2019argot en tant que lexique rev\u00eat une fonction identitaire particuli\u00e8re pour ceux qui l\u2019emploient. Il s\u2019agit du langage des jeunes des banlieues et des milieux d\u00e9favoris\u00e9s (on fait le parall\u00e8le avec Victor Hugo qui qualifiait l\u2019argot de <em>langue de la mis\u00e8re<\/em>.) L\u2019argot d\u2019aujourd\u2019hui est inspir\u00e9 du sentiment d\u2019exclusion ressenti par ces jeunes qui, en cr\u00e9ant leur propre langage herm\u00e9tique, peuvent \u00e0 leur tour exclure ceux qui appartiennent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 des inclus. L\u2019argot dont la fonction est <em>identitaire<\/em> se renouvelle moins vite que celui dont la fonction est <em>cryptique<\/em>, mais il se renouvelle n\u00e9anmoins, surtout lorsque l\u2019un de ses termes se retrouve assimil\u00e9 au fran\u00e7ais courant et perd donc sa nature herm\u00e9tique.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Provenance<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Les termes argotiques que l\u2019on entend ou que l\u2019on emploie aujourd\u2019hui ont diverses provenances. Certains sont tir\u00e9s du vieil argot, comme le terme <em>feignasse<\/em> d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 au 19<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. D\u2019autres encore proviennent de l\u2019immigration\u00a0; l\u2019histoire de la France \u00e9tant telle que son argot est fortement influenc\u00e9 par les peuples qui y ont immigr\u00e9 ou qu\u2019elle a colonis\u00e9s. Par exemple, le terme <em>ca\u00efd <\/em>veut dire <em>chef<\/em> en arabe, tandis que <em>chouraver<\/em> signifie <em>voler<\/em> en tzigane. Il y a \u00e9galement un argot propre aux r\u00e9gions\u00a0; un terme argotique utilis\u00e9 dans un lieu g\u00e9ographique ne le sera pas n\u00e9cessairement dans un autre. On dira <em>barouf<\/em> dans la r\u00e9gion de Marseille alors qu\u2019ailleurs on se contentera peut-\u00eatre de dire <em>raffut<\/em>, c\u2019est \u00e0 dire <em>tapage (bruit)<\/em>. Il est int\u00e9ressant de noter \u00e9galement qu\u2019un m\u00eame terme peut avoir un sens diff\u00e9rent selon la r\u00e9gion dans laquelle il est employ\u00e9. Quand une personne du nord-est de la France dit\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai les boules\u00a0\u00bb, elle exprime qu\u2019elle a les <em>chocottes<\/em> (c.-\u00e0-d. peur). Alors que lorsqu\u2019un Proven\u00e7al l\u2019utilise, il veut dire qu\u2019il est <em>d\u00e8g<\/em> (d\u00e9go\u00fbt\u00e9) ou <em>v\u00e9n\u00e8re <\/em>(\u00e9nerv\u00e9)\u2026 pas content, quoi\u2009!<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>De nombreux termes argotiques sont issus du <em>verlan<\/em>, un proc\u00e9d\u00e9 qui consiste \u00e0 inverser les syllabes ou encore les lettres d\u2019un mot. On peut verlaniser des termes de fran\u00e7ais courants comme louche (chelou), fou (ouf), femme (meuf), lourd (relou), f\u00eate (teuf), pourri (ripou), etc. On peut \u00e9galement verlaniser des termes argotiques comme mec (kum), tronche (chetron) ou choper (p\u00e9cho). Et pour bien compliquer les choses, il existe aussi des cas de double verlan\u00a0: <em>Beur (Arabe<\/em>) qui a fini par donner <em>Rebeu<\/em> et <em>meuf (femme<\/em>) qui s\u2019est transform\u00e9 en <em>feumeu<\/em>. Comme nous l\u2019avons lu dans l\u2019introduction, le lexique de l\u2019argot est non seulement extr\u00eamement vaste, mais aussi en constante \u00e9volution. Il existe notamment 3 termes qui poss\u00e8dent plus de 1\u00a0000 \u00e9quivalents argotiques, \u00e0 savoir, le mot <strong><em>femme<\/em><\/strong> (belette, caille, chnek, fatma, fatou, feum, gonzesse, greluche, grosse, loute, meuf, nana, poule, etc.), le mot <strong><em>argent<\/em><\/strong> (artiche, biff, bifton, caillasse, flouze, fra\u00eeche, fric, galette, gengen, genhar, keusse, khalis, lov\u00e9, maille, naimo, neutu, oseille, patate, p\u00e9pette, p\u00e8ze, etc.) et enfin, l\u2019expression <strong><em>faire\u00a0l\u2019amour<\/em> <\/strong>(pour la plupart d\u2019ailleurs vulgaires\u00a0: baiser, prendre \u00e0 la hussarde, chevaucher sans selle, farcir, tirer un coup, limer, ramoner, tirer sa crampe, bouillaver, etc.). On pourrait presque dire que ces trois termes rassemblent les principales pr\u00e9occupations de l\u2019humanit\u00e9.\u00a0\ud83d\ude09<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Situations judiciaires<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Les situations judiciaires dans lesquelles l\u2019interpr\u00e8te ou le traducteur sera confront\u00e9 \u00e0 l\u2019argot sont nombreuses. En fait, d\u00e8s qu\u2019un t\u00e9moin \u00ab\u00a0lambda\u00a0\u00bb (c\u2019est \u00e0 dire une personne qui ne t\u00e9moigne pas en qualit\u00e9 d\u2019expert) est impliqu\u00e9, nous risquons de rencontrer ce lexique. Voici les principales situations qui concernent l\u2019interpr\u00e8te et le traducteur judiciaires\u00a0:<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<ol class=\"wp-block-list\">\r\n<li><strong>Les interrogatoires de police.<\/strong> Par exemple, un suspect qui dira\u00a0: \u201cJ\u2019veux pas aller au chtar\u00a0; j\u2019vais balancer.\u201d (Je ne veux pas aller en prison. Je vais parler\/d\u00e9noncer.\u201d)<\/li>\r\n<li><strong>Les d\u00e9positions.<\/strong> Aux \u00c9tats-Unis, on enregistre les d\u00e9clarations d\u2019un t\u00e9moin faites sous serment, lesquelles serviront d\u2019\u00e9l\u00e9ments de preuve avant et pendant le proc\u00e8s. C\u2019est bien s\u00fbr un cadre plus formel que l\u2019interrogatoire de police, mais encore une fois, selon le t\u00e9moin qui d\u00e9pose, des termes argotiques sont parfois employ\u00e9s.<\/li>\r\n<li><strong>Les entretiens entre un avocat et son client.<\/strong><\/li>\r\n<li><strong>Les mises sur \u00e9coute<\/strong> sont certainement les situations o\u00f9 les locuteurs seront le plus susceptibles d\u2019utiliser de l\u2019argot s\u2019ils redoutent d\u2019\u00eatre espionn\u00e9s. C\u2019est l\u2019exemple par excellence de l\u2019argot \u00e0 fonction cryptique. Ces situations concernent \u00e9videmment le traducteur qui apr\u00e8s en avoir fait la transcription devra les traduire.<\/li>\r\n<li>Enfin, <strong>les t\u00e9moignages au cours d\u2019un proc\u00e8s<\/strong> sont \u00e9galement l\u2019une des situations judiciaires o\u00f9 l\u2019argot peut survenir. C\u2019est d\u2019ailleurs la situation la plus cruciale et la plus difficile \u2014 m\u00eame si elles le sont toutes \u2014 dans laquelle l\u2019interpr\u00e8te est tenu de comprendre et d\u2019interpr\u00e9ter fid\u00e8lement l\u2019argot. Nous y reviendrons.<\/li>\r\n<\/ol>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>N\u00e9cessit\u00e9 de traduire\/interpr\u00e9ter fid\u00e8lement<\/strong><\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le traducteur\/interpr\u00e8te judiciaire est un interm\u00e9diaire neutre entre plusieurs intervenants. Lorsqu\u2019il transf\u00e8re un message d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre, il est tenu de pr\u00e9server fid\u00e8lement le registre utilis\u00e9 par le locuteur, aussi familier ou m\u00eame vulgaire qu\u2019il puisse \u00eatre. \u00c0 titre de r\u00e9f\u00e9rence, citons les codes de d\u00e9ontologie de l\u2019ATA et de NAJIT\u00a0:<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<ul class=\"wp-block-list\">\r\n<li><em>It would be inappropriate to clean up objectionable language in the target language.<\/em> (American Translators Association)<\/li>\r\n<\/ul>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<ul class=\"wp-block-list\">\r\n<li><em>The register, style and tone of the source language should be conserved. <\/em> <br \/>(National Association of Judiciary Interpreters and Translators)<\/li>\r\n<\/ul>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Pourquoi est-il n\u00e9cessaire \u2014 et m\u00eame essentiel \u2014 de pr\u00e9server le registre de langue employ\u00e9 par un locuteur, tout particuli\u00e8rement pendant que l\u2019on interpr\u00e8te un t\u00e9moignage au cours d\u2019un proc\u00e8s\u00a0? R\u00e9ponse\u00a0: les jur\u00e9s. Les jur\u00e9s sont charg\u00e9s de prononcer un verdict au terme du proc\u00e8s et, pour ce faire, ils s\u2019appuient sur les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments \u2014 et donc les t\u00e9moignages \u2014 qui leur sont pr\u00e9sent\u00e9s pendant les audiences. Aux \u00c9tats-Unis, lorsqu\u2019un interpr\u00e8te est pr\u00e9sent, le juge ordonne aux jur\u00e9s de ne pas prendre en compte le message source (m\u00eame s\u2019ils le comprennent), mais uniquement l\u2019interpr\u00e9tation qui leur est fournie.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<div class=\"wp-block-image\">\r\n<figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2295\" src=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/The-Bilingual-Courtroom.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"242\" srcset=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/The-Bilingual-Courtroom.jpg 333w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/The-Bilingual-Courtroom-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 161px) 100vw, 161px\" \/>\r\n<figcaption>The Bilingual Courtroom<\/figcaption>\r\n<\/figure>\r\n<\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Dans le livre <em>The Bilingual Courtroom\u00a0: Court Interpreters in the Judicial Process<\/em> (Susan Berk-Seligson) on apprend que, d\u2019apr\u00e8s les \u00e9tudes exp\u00e9rimentales men\u00e9es, un t\u00e9moin qui s\u2019exprime poliment et correctement est davantage cr\u00e9dible aux yeux d\u2019un jury qu\u2019un t\u00e9moin qui utilise un registre de langue tr\u00e8s familier (dont l\u2019argot). Effectivement, les jur\u00e9s sont des personnes comme tout un chacun, avec des syst\u00e8mes de croyances et des pr\u00e9jug\u00e9s. C\u2019est pourquoi, un t\u00e9moin qui dit\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0Ch\u00e9 pas\u2026. Il m\u2019a dit d\u2019aller chercher les valoches. Fallait qu\u2019on s\u2019casse vite.\u00a0\u00bb<\/strong> aura un autre impact en termes de cr\u00e9dibilit\u00e9 que celui qui dit\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Je ne sais pas, madame. Il m\u2019a dit d\u2019aller chercher les valises. Il fallait qu\u2019on parte vite.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>L\u2019interpr\u00e8te judiciaire est un puissant filtre par lequel passent les paroles du t\u00e9moin. Il a donc une grande influence sur la mani\u00e8re dont le t\u00e9moignage en question sera per\u00e7u. Si l\u2019interpr\u00e8te judiciaire a la t\u00e2che d\u2019assurer une pr\u00e9sence linguistique \u00e0 l\u2019accus\u00e9 et \u00e0 certains t\u00e9moins, rappelons que son r\u00f4le premier est de participer \u00e0 une administration \u00e9quitable de la Justice. Il n\u2019est l\u00e0 ni pour avantager ni pour d\u00e9savantager le locuteur et doit veiller \u00e0 \u00eatre aussi transparent et fid\u00e8le au message source que possible. Il est essentiel qu\u2019un t\u00e9moin ou qu\u2019un accus\u00e9 dont le message passe par un interpr\u00e8te soit sur le m\u00eame pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 que celui qui s\u2019exprime dans la langue natale des jur\u00e9s\u00a0; ce \u00ab\u00a0pied d\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e9tant un concept cl\u00e9. Un interpr\u00e8te qui \u00e9l\u00e8ve ou abaisse le niveau de langue d\u2019un t\u00e9moin alt\u00e8re la perception qui se serait form\u00e9e dans l\u2019esprit des jur\u00e9s sans la pr\u00e9sence d\u2019un interpr\u00e8te, avantageant ou d\u00e9savantageant ainsi le t\u00e9moin et influen\u00e7ant l\u2019issue du proc\u00e8s.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Difficult\u00e9 de traduire\/interpr\u00e9ter fid\u00e8lement <\/strong><\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Cette mission peut parfois sembler impossible, car le lexique de l\u2019argot est vaste, m\u00e9connu et en constante \u00e9volution. De plus, il ne poss\u00e8de pas n\u00e9cessairement d\u2019\u00e9quivalents d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre (ex.\u00a0:\u00a0valoche) et il est parfois issu d\u2019une culture propre (ex.\u00a0: la veuve = la guillotine, the hot seat = the electric chair). Et lorsqu\u2019un \u00e9quivalent existe, on constate parfois que son registre n\u2019est pas assez familier ou l\u2019est trop.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Pour contourner ces obstacles, le traducteur a l\u2019avantage de pouvoir faire des recherches, mais dans de nombreux cas (ex. mises sur \u00e9coute), il ne peut pas demander des \u00e9claircissements au locuteur. Tandis que l\u2019interpr\u00e8te peut poser des questions directement au locuteur, mais n\u2019a pas le luxe de faire des recherches. C\u2019est pourquoi les interpr\u00e8tes et les traducteurs judiciaires doivent constamment se familiariser avec le lexique argotique (en regardant des s\u00e9ries\/films policiers ou documentaires judiciaires, en lisant des <em>polards<\/em>, en \u00e9coutant des \u00e9missions de radio, etc.). Pour rester avertis, ils doivent en faire un exercice r\u00e9gulier.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Pour surmonter l\u2019absence d\u2019un \u00e9quivalent, une petite acrobatie mentale peut se r\u00e9v\u00e9ler utile. En effet, il faut parfois transf\u00e9rer la familiarit\u00e9 d\u2019un terme dans la langue source sur un autre terme dans la langue cible\u00a0: \u00ab Il m\u2019a dit d\u2019aller chercher les <em>valoches<\/em> \u00bb devient \u00ab\u00a0He told me to go <em>grab<\/em> the <em>bags<\/em>\u00a0\u00bb. L\u2019interpr\u00e8te, qui n\u2019a pas le luxe du temps comme le traducteur, doit parfois recourir \u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 plus simple pour abaisser le registre lorsqu\u2019il ne conna\u00eet pas l\u2019\u00e9quivalent (ou que ce dernier ne lui vient pas \u00e0 l\u2019esprit). Ainsi, il pourra utiliser certaines expressions anglaise telles que <em>darn<\/em>, <em>goddamn<\/em>, <em>freaking<\/em> ou <em>fucking<\/em> et, inversement, des expressions fran\u00e7aises comme <em>foutue<\/em> ou <em>putain de\u2026<\/em> Attention\u00a0! Ce proc\u00e9d\u00e9 est \u00e0 utiliser avec grande prudence pour ne pas faire tort au message source.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Pendant notre excursion dans le monde de l\u2019argot, nous avons constat\u00e9 que ses origines sont directement reli\u00e9es au monde du crime et que \u2014\u00a0l\u2019un n\u2019allant pas sans l\u2019autre \u2014 ce langage participe donc du domaine judiciaire. En raison de son lexique extr\u00eamement vaste, parfois m\u00e9connu et en constante \u00e9volution, l\u2019argot pr\u00e9sente un d\u00e9fi cons\u00e9quent au traducteur ou interpr\u00e8te judiciaire qui, d\u2019un point de vue d\u00e9ontologique, est tenu de le reproduire aussi fid\u00e8lement que possible dans la langue cible, tout particuli\u00e8rement en situation de proc\u00e8s afin de ne pas influencer l\u2019issue des audiences. Pour ce faire, le traducteur\/interpr\u00e8te judiciaire fera appel \u00e0 divers proc\u00e9d\u00e9s pour garantir l\u2019exactitude de sa traduction ou de son interpr\u00e9tation. Une bonne dose de curiosit\u00e9, l\u2019envie d\u2019apprendre et le respect de la d\u00e9ontologie sont tout autant de qualit\u00e9s professionnelles dont le traducteur ou l\u2019interpr\u00e8te judiciaire peut difficilement se passer lorsqu\u2019il est confront\u00e9 au d\u00e9fi de l\u2019argot.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Bonus<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Petit conte moderne \u00e0 d\u00e9chiffrer\u00a0:<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\r\n<p>\u00ab L\u2019\u00e9tait une fois un proxo qui f\u2019sait tapiner les greluches de son ti\u00e9car. Y s\u2019prenait pour un ca\u00efd avec son brelic ; zarma il avait m\u00eame d\u00e9zingu\u00e9 une tepu qui avait essay\u00e9 de l\u2019carotter. Mais y s\u2019est fait lanceba aux schmitts par un poukav, alors y s\u2019est carapat\u00e9. Y s\u2019est planqu\u00e9 pour pas s\u2019faire gauler. L\u2019a quand m\u00eame plong\u00e9 : les cond\u00e9s l\u2019ont filoch\u00e9 et y s\u2019est fait coffrer. On lui a mis les gourmettes et y sont partis \u00e0 KFC. Z\u2019ont trouv\u00e9 d\u2019la beuh et du keukra sur lui. Y zavaient assez d\u2019biscuit pour l\u2019envoyer aux assiettes et l\u2019foutre au gnouf.\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>[Traduction en fran\u00e7ais courant\u00a0: Il \u00e9tait une fois un prox\u00e9n\u00e8te qui prostituait les filles de son quartier. Il se prenait pour un chef avec son pistolet\u00a0; soi-disant il avait m\u00eame tu\u00e9 une prostitu\u00e9e\/pute qui avait essay\u00e9 de l\u2019arnaquer. Mais il s\u2019est fait d\u00e9noncer \u00e0 la police par un indicateur, alors il a fui. Il s\u2019est cach\u00e9 pour ne pas se faire prendre. Il est quand m\u00eame all\u00e9 en prison\u00a0: les policiers l\u2019ont pris en filature et il s\u2019est fait arr\u00eater. On lui a mis les menottes et ils sont partis au commissariat. Ils ont trouv\u00e9 de l\u2019herbe et du crack sur lui. Ils avaient assez de preuves pour l\u2019envoyer en cour d\u2019assises et l\u2019incarc\u00e9rer.]<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<div class=\"wp-block-image\">\r\n<figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2296\" src=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Helene-Conte.jpg\" alt=\"\" width=\"172\" height=\"172\" srcset=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Helene-Conte.jpg 241w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Helene-Conte-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Helene-Conte-96x96.jpg 96w\" sizes=\"auto, (max-width: 172px) 100vw, 172px\" \/><\/figure>\r\n<\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><strong>H\u00e9l\u00e8ne Viglieno Conte<\/strong> est une traductrice certifi\u00e9e par l\u2019American Translators Association (ATA) dans la combinaison de langues anglais&gt;fran\u00e7ais. Elle int\u00e8gre la profession en 2006 et se sp\u00e9cialise dans les domaines judiciaires, m\u00e9dicaux et techniques. Elle est \u00e9galement interpr\u00e8te judiciaire certifi\u00e9e par les Cours supr\u00eames de l\u2019Ohio, du Kentucky et de l\u2019Indiana. H\u00e9l\u00e8ne fait actuellement partie de la petite \u00e9quipe de traducteurs AN&gt;FR minutieusement s\u00e9lectionn\u00e9s qui collaborent avec le D\u00e9partement d\u2019\u00c9tat des \u00c9tats-Unis. Active dans la profession au niveau local, elle occupe le poste de pr\u00e9sidente de la Northeast Ohio Translators Association, un chapitre de l\u2019ATA. Originaire du Sud de la France, H\u00e9l\u00e8ne vit aux \u00c9tats-Unis depuis plus de 20 ans et r\u00e9side actuellement dans le nord-est de l\u2019Ohio.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><a href=\"https:\/\/www.translation-interpreting.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"www.translation-interpreting.com (opens in a new tab)\">www.translation-interpreting.com<\/a><\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par H\u00e9l\u00e8ne Viglieno Conte Introduction Les traducteurs et interpr\u00e8tes judiciaires sont confront\u00e9s \u00e0 de multiples niveaux de langue dans le cadre de leur profession\u00a0: du registre populaire au registre soutenu, en passant par le style familier ou courant. Dans le langage populaire, nous trouvons, entre autres, l\u2019argot. Le pr\u00e9sent article concerne l\u2019argot de France, mais &hellip; <a href=\"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/2019\/03\/01\/argot\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">L\u2019Argot et le traducteur\/interpr\u00e8te judiciaire<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[56],"class_list":["post-2292","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized","tag-en-francais"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2292"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2292\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4864,"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2292\/revisions\/4864"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ata-divisions.org\/FLD\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}